OS ~ Je hais t'aimer

Il n'avait pas su lui dire. Il n'arrivait pas. Un simple petit mot pour tant. Elle voulait juste entendre un "Merci" de sa part. Mais rien n'y faisait. Il la détestait. C'est ce qu'elle croyait. Mais elle se trompait. 
Naruto ~ DeathFic ~ Drame ~ Famille ~ T
 
 
-          « Où vas-tu Sasori ? »
     
          La question fila dans le salon chaleureux aux teintes marrons glacés et grises. Mais aucune réponse n'arriva, juste le claquement de la porte d'entrée de l'autre côté du mur. Un soupir passa entre les lèvres de la vieille Chiyo, assise sur le canapé gris, alors que son regard suivait la silhouette de son petit-fils par la baie vitrée en face d'elle. 
          Cela faisait maintenant cinq ans qu'elle avait adopté son petit-fils. C'est à l'âge de dix ans que Sasori avait perdu ses parents dans un accident de voiture alors qu'ils venaient le chercher exceptionnellement à l'école. Le petit garçon avait attendu des heures durant, assis à sa table, sans pouvoir bouger. Une véritable torture pour le garçon qu'il était.
     
          Très jeune, Sasori avait été classé « surdoué ». Ses parents avaient vu cela comme une joie et une fierté qu'il fallait cultiver. Sasori, lui, l'avait vu comme une nouvelle différence, une nouvelle source de moquerie. Il passait d'un faible gamin roux qui galère à un faible gamin roux surdoué qui galère quand même. La maîtresse l'avait présenté comme un « petit surdoué », prônant qu'il ne fallait pas faire de différence avec lui, qu'il était comme les autres et donc qu'il fallait l'accueillir chaleureusement. Ils avaient tous approuvé avec un sourire qui en disait long. Et ça n'avait pas loupé : lorsque Sasori peinait à apprendre à lire, à écrire ou même à compter, des commentaires chuchotés lui parvenaient aux oreilles. Le petit garçon qu'il était avait la confiance rongée. 
     
          Les médecins avaient été formels : « Votre fils aura du mal avec les méthodes scolaires actuelles mais si vous le poussez à apprendre, il n'y aura aucun souci ». Ses parents l'avaient aidé du mieux possible avec joie et enthousiasme jusqu'à ce qu'ils comprennent l'ampleur de la tâche. Voir le regret, l'impatience et la déception dans les yeux de ses parents avait profondément touché Sasori. Il redoublait d'efforts vains. Ses échecs ne faisaient qu'alimenter sa frustration et sa colère sourde. Il finit même par baisser les bras. Il s'était renfermé sur lui-même portant un masque de lassitude constant.
     
          L'école ne l'intéressait pas, les amis non plus, les jeux encore moins, rester dans sa chambre était impensable. Il était las de tout. Ses parents ne savaient plus quoi faire. Ce qu'ils avaient pris pour un don devenait un poids qui pesait lourd sur leurs épaules. Ils avaient pourtant suivi tous les conseils des praticiens. Ils l'avaient suivi, accompagné, poussé et aimé. Mais rien ni faisait. Plus ils insistaient, plus Sasori était réservé et agressif. Ils n'avaient pas compris qu'ils devaient écouter leur fils et non les médecins.
     
          La mort de ses parents n'avait pas semblé le toucher. Il n'avait pas versé de larmes et son visage était fermé et placide. Il faisait les choses comme à l'accoutumé. Sa grand-mère pouvait le certifier. Elle avait pris le petit garçon sous son aile, avait voulu l'aider à surmonter sa peine... Il l'avait royalement envoyé paître. L'air furieux, le regard haineux et la phrase sortie de la bouche d'un enfant de dix ans avec sécheresse «  Je m'en fou, dégage » avaient frappé Chiyo de plein fouet et avaient meurtri un peu plus son c½ur. Elle avait perdu son fils, sa belle-fille mais aussi son petit-fils le même jour.
     
          Pourtant, elle avait mis ce comportement sur le coup de la fatigue émotionnelle. Elle avait attendu quelques temps bienveillante, charmante, ne se fâchant pas, étant à l'écoute et au petit soin avec lui. Mais il n'avait fait aucun pas vers elle, pas un merci, pas un sourire. Les années avaient passé et la situation avait évolué en un sens.
     
          Sasori ne parlait pas beaucoup, Chiyo arrêtait de lui poser des questions inutiles telles que Comment s'est passé ta journée ? Que veux-tu manger ? A quelle heure ? Elle s'était accoutumée au silence de la maison et aux bruits du dehors. Elle ne comptait plus les remarques, les réflexions désobligeantes qui lui étaient adressées : « Tenez un peu mieux votre petit-fils, madame. » « Sasori n'écoute jamais rien, il faut l'éduquer. » « Ses parents sont peut-être morts mais c'est à vous de l'aider et de vous en occuper. » « Il a besoin d'aide, qu'est-ce que vous faites ? ».
     
          Les autres ne pouvaient pas comprendre ce qu'il se passait chez eux. Ils ne pouvaient pas comprendre qu'elle aussi avait besoin d'aide. Elle en avait plus besoin même.
     
          Vivre avec un enfant qui ne parle pas, qui peut se mettre dans une colère noire à la moindre contrariété, qui part sans dire où, qui revient à pas d'heure, qui fait on ne sait quoi et qui semble ne montrer aucune émotion. Elle vivait avec un monstre. Un monstre qui la faisait sombrer de jour en jour. Les moindres gestes d'affection n'étaient même pas remarqués, ni même remerciés et encore moins rendus.
     
          Chaque jour elle voulait tout arrêter, le laisser faire ce qu'il voulait, ne plus s'inquiéter à chaque seconde pour lui, son petit-fils, sa lignée, le dernier membre de sa famille après la mort de son frère l'an dernier. Mais elle n'y arrivait pas.
     
          Elle n'y arriverait surement jamais tant son sens de la famille était poussé et important pour elle. Elle ne pouvait s'en détacher, perdre le dernier membre de sa famille et se retrouver seule. Encore. Mais ne l'était-elle pas ? Non.
     
          Malgré le comportement ingrat de l'adolescent, elle le voyait, pouvait lui parler, lui faire ses plats préférés, le surprendre à sourire, à rêver... Elle l'entendait rentrer tard dans la nuit, passer dans la cuisine pour prendre quelque chose dans le frigo, puis monter l'escalier en silence, prendre une douche et parfois entrouvrir la chambre pour passer la tête rapidement et la voir dormir. C'était ces petits moments qui la faisaient tenir. Des instants brefs mais émouvants pour elle. Mais ils s'effaçaient sans cesse.
     
          Depuis quelques mois, Sasori s'était totalement refermé sur lui-même. Il partait sans rien dire, revenait couvert de bleus, dormait à peine et  n'allait plus en cours. Le semblant de mode de vie qu'ils avaient, qui fonctionnait, était en train de s'écrouler. Chiyo ne savait plus quoi faire, elle était vieille et faible. Sasori était impétueux et impulsif. Que pouvait-elle encore faire ? L'inquiétude la rongeait. Elle avait essayé de savoir, la veille,  ce qu'il se passait:
     
-          « Sasori, que se passe-t-il ? Pourquoi reviens-tu toujours blessé ? Et où vas-tu ? Qui te fait ça ?
-          Ça ne te regarde pas vieille femme. Laisse-moi faire ce que je veux. Tu n'imagines pas ce qu'il se passe, ce que je suis en train de faire. C'est important, tu peux le comprendre ? s'énerva-t-il.
-          Non, je ne comprends pas parce que tu ne me dis jamais rien. Je t'ai laissé faire ce que tu voulais sans jamais rien te dire tout ça parce que je savais que nous finirions par nous disputer. Mais là c'est trop Sasori. Tu vas trop loin ! Tu es blessé, regarde-toi ! Et au cas-où tu l'aurais oublié, je suis encore ta responsable légale et encore plus ta grand-mère.  Alors maintenant ça suffit les cachotteries. Je me fiche que tu sois un surdoué, que tu aies perdu tes parents, que ta vie semble t'aller, que tu n'aies pas d'amis et que tu veuilles me mettre de côté, tu es mon petit-fils, un garçon comme les autres. Et que tu le veuilles ou non, je t'aiderais à t'en sortir totalement. Ce n'est pas toi qui va choisir comment je vais vivre mes derniers jours et si je dois m'inquiéter pour l'idiot que tu es ou non. Alors arrête de jouer au surdoué incompris, sors de ta bulle et demande-moi de l'aide ! Ou alors je te l'imposerais. Peu importe ce que tu m'as fait vivre jusqu'ici, les souffrances, les brimades, les remarques. Peu importe le sentiment de rejet que je peux éprouver,  je t'aime Sasori ! Je ne te laisserais pas couler plus longtemps, tu m'entends ? hurla-t-elle à s'en briser la voix avant de partir dans une quinte de toux monstrueuse. »
      
          La vieille femme avait cru s'étouffer, ce qui inquiéta son petit-fils. Sasori l'aida à s'asseoir, lui proposa de l'eau et attendit que la toux passe. Chiyo s'en remit tant bien que mal, reprenant son souffle difficilement. Et la discussion s'arrêta là. Chiyo n'en apprit pas plus et elle ne sut même pas si son discours avait touché son petit-fils. Ce matin même, elle n'avait pas eu un seul mot de Sasori. Il venait de partir simplement la laissant seule encore une fois.
     
          La vieille femme soupira une nouvelle fois, mais elle ne pouvait rien faire. Elle avait déjà fait tout ce qu'elle pouvait. Elle n'avait plus de cartes en main. Elle se sentait fatiguée... Elle se leva difficilement du canapé pour aller lentement dans la cuisine. Elle avait la gorge sèche, la voix enrouée, elle avait besoin de boire un peu.     
          Cela faisait quelques temps qu'elle se sentait fébrile et fragile. Ses os et son corps la faisaient souffrir. Le moindre effort l'essoufflait. Le moindre mouvement la fatiguait. Arrivée dans la cuisine bleu,elle se dirigea vers l'évier pour prendre un vers dans le placard au dessus. Puis elle se servit un verre d'eau avant de s'asseoir sur une des chaises qui entouraient la table au centre de la cuisine, n'arrivant plus à tenir debout. Elle but lentement, toussant entre deux gorgées, son regard vagabondant sur les photos de famille accrochées au frigo.
     
          Tout ce qu'elle faisait était lent et saccadé. Depuis quelques mois, elle ne faisait plus grand-chose, restant sur son canapé avec un livre à la main qu'elle ne lisait presque plus. Les lettres étaient trop petites et trop serrées pour ses yeux fatigués. Mais aujourd'hui, elle ne voulait pas rester sans rien faire. Son esprit torturé par ce qui se passait avec Sasori l'empêchait de rester assise sans rien faire. Elle avait besoin de bouger, de ne pas se sentir seule et vieille.
     
          Une idée lui vint en tête lorsque son regard se posa sur l'une des photos. Elle se souvenait parfaitement lorsque son fils l'avait prise. Sasori n'avait que quatre ans sur l'image et elle, elle semblait bien plus jeune bien plus vivante, bien plus sereine. Elle avait besoin de retrouver sa sérénité et faire quelque chose lui changerait l'esprit. Elle voulait retrouver les marionnettes à l'effigie de son fils et sa belle-fille qu'elle utilisait lorsque Sasori était enfant. Celles-là même qui se trouvaient sur cette photographie. 
     
          Elle se souvenait encore avoir façonné ses deux marionnettes pour son petit-fils parce qu'il avait peur des autres qu'elle possédait. Elle avait alors réussi à le faire rire avec, à le faire applaudir, à l'intéresser à quelque chose. Ces marionnettes, c'était l'unité de leur famille lorsqu'ils étaient tous ensembles, tous unis, avant tous les problèmes. Avant que Sasori ne devienne un ingrat garçon qui ne veut écouter personne, avant que sa grand-mère ne sache plus quoi faire pour lui, avant que l'amour et la haine ne se mêlent sans savoir ce qui prendra le dessus. Avant qu'elle ne se sente abandonnée, qu'elle ne veuille abandonner, qu'elle ne puisse pas abandonner.
     
          Elle gravit les marches du couloir tout doucement, s'arrêtant au palier pour reprendre son souffle. Elle suivit le petit couloir qui menait à la chambre de Sasori, à l'opposé de la sienne et de la petite salle de bain, jusqu'à s'arrêter sous la trappe qui menait au grenier. Le blanc du mur fraîchement repeint il y a quelques années ne laissaient plus discerner la trappe du plafond, mais la vieille Chiyo savait que le tableau du couloir se trouvait juste à la hauteur de ce qu'elle cherchait. Elle alla chercher dans la chambre du garçon la chaise de bureau et se hissa dessus. Elle eut beaucoup de mal à soulever la trappe qui menait au grenier. La peinture s'écailla et salit le sol. Finalement ses efforts furent récompensés. La trappe se souleva et l'escalier glissa jusqu'au sol. Elle décala la chaise contre le mur, vérifia que l'échelle était solidement bloqué et monta. Elle escalada l'échelle de bois périlleusement avant de s'effondrer sur le plancher, le souffle court, le c½ur palpitant.
     
          Après quelques minutes, elle put se redresser dans le grenier. Il était poussiéreux et emplit de cartons de toutes les tailles. Les plus récents se trouvaient à l'entrée de la pièce, c'était les décoration de Noël. Elle les dépassa pour s'aventurer au milieu du capharnaüm, seule la lumière qui filtrait du velux sale lui permettait de voir la pièce. Elle commença alors à fouiller dans les cartons à la recherche de son bonheur.
          A cause de la poussière soulevée par le remue-ménage, les bronches de Chiyo furent mises à rude épreuve. Les toux s'intensifièrent mais elle ne voulait pas descendre avant d'avoir trouvé les poupées. Elle se donnait du mal, tellement de mal pour deux bouts de bois et tissus... Mais plus elle approchait du but, plus elle trouvait cette mission inévitable, essentielle. Elle ne pouvait pas arrêter maintenant, comme elle ne pouvait pas abandonner Sasori, même si dans les deux cas, ça la tuait à petit feu. 
     
          Elle retrouva les marionnettes dans un coffre en bois au bout du grenier. Il y en avait des dizaines, des vingtaines plutôt, dans le coffre. Toutes étaient entourées de papier pour ne pas s'abîmer. Elle les sortit une à une avant de tomber sur le couple figé. Elle les serra contre elle un moment, comme si elle avait retrouvé ses êtres proches, comme s'il s'agissait d'eux et non de marionnettes.
     
          Puis elle se redressa lourdement, marcha lentement, et rejoignit difficilement la vieille échelle. Elle ne savait pas combien de temps elle avait passé dans ce grenier mais sa gorge et ses poumons étaient en feu, ses yeux pleuraient, elle ne cessait de tousser. Il fallait qu'elle prenne l'air, un air pur et sans poussière. Il fallait qu'elle redescende, qu'elle se rafraîchisse...
     
          Elle entreprit la descente des barreaux un à un, les poupées dans les mains. Mais c'était sans compter sur ses membres fatigués et ses poumons meurtris. Elle toussa à s'en décrocher la mâchoire, tellement fort que son corps ébranla l'échelle. Retenue par l'une de ses mains seulement, Chiyo perdit l'équilibre. Dans un mouvement de bassin, elle heurta l'échelle pour ne pas tomber mais celle-ci se délogea. Le vieux bois cassa et l'échelle s'enfonça dans le mur en face. Elle creva la toile du tableau accroché là.
     
          Le corps maigrelet chuta à son tour, dévala l'échelle. La tête de Chiyo cogna violemment le sol. La quinte de toux ne s'estompa pas. La vieille dame était mourante sur le sol du premier étage, mais à aucun instant elle ne lâcha les deux poupées contre son sein. Elle s'y accrochait comme à la vie.
     
          Des larmes dévalèrent ses joues traduisant sa douleur physique mais aussi morale. Elle se voyait mourir, abandonner Sasori sans avoir pu l'aider, mais aussi rejoindre son fils et sa belle-fille. Déchirée entre deux sentiments, elle peinait à retrouver son souffle. Rien n'arrivait à la calmer, son corps était pris de soubresauts qui secouaient ses membres dans tous les sens. Son corps semblait désarticulé, une marionnette qu'on maltraitait.
     
          Toute sa vie ne défila pas devant ses yeux. Seulement, elle revoyait son fils lui sourire, sa belle-fille portant Sasori bébé dans ses bras. Elle revit aussi le petit garçon âgé de quelques années seulement courir vers elle, le sourire aux lèvres, un bouquet de fleurs dans les mains. Elle se souvint de ses doux moments chers à ses yeux, de tout ce qui l'avait empêché de laisser tomber. Sasori n'avait pas été le petit fils qu'elle escomptait. Il lui en avait fait voir de toutes les couleurs. L'inquiétude qui la rongeait à cause de lui venait d'atteindre son point culminant. C'était de sa faute. Pourtant.
     
          Pourtant elle ne pouvait s'empêcher de l'aimer, de le chérir, de repenser à tous ses délicieux moment passés avec lui. Sa vie aurait été plus simple sans lui, elle le savait mais elle se persuadait du contraire. Elle ne pouvait pas lui en vouloir...
     
          Mais la preuve était là devant ses yeux qui se voilaient. Elle était seule. Depuis la mort de son fils, depuis la mort de son frère, elle était seule, abandonnée de tous. Qui s'inquiétait encore pour la vielle Chiyo ? Personne. Sasori n'était pas là, il était ailleurs, elle ne savait où, pour faire elle ne savait quoi...
     
          C'est avec cette pensée horrible qu'elle expira. Son corps arrêta de tressauter, sa poitrine ne se soulevait plus, son souffle n'était plus. Elle était là, allongée, seule, perdue, à même le sol, avec comme seule consolation ses deux êtres de bois qui ne l'avaient jamais quitté et cette pensée qu'elle aime Sasori malgré le calvaire de vivre avec lui.
     
          C'est à la fin de la journée que Sasori revînt, le c½ur léger, un fin sourire aux lèvres. Il avait enfin réussi, il avait trouvé, il savait ! Et il en était fier. Il avait du sang qui maculé son visage de porcelaine, des bleus sur tout le corps, surement un ou deux doigts cassés mais il s'en fichait. Il avait réussi !
     
          Il ouvrit la porte silencieusement et passa la tête à travers l'entrebâillement de la porte du salon. Le livre de sa grand-mère n'avait pas bougé. Il se dirigea alors vers la cuisine, pensant voir sa grand-mère faire à manger pour lui. Il avait l'habitude de ses petites attentions : elle faisait toujours ce qu'il aimait, elle en servait une assiette, la mettait dans le frigo et lui n'avait plus qu'à le mettre au micro-onde et se régaler. Mais là, à sept heures du soir, Chiyo n'était pas dans la cuisine et rien n'était préparé dans le frigo. L'inquiétude s'empara du jeune homme.
     
          L'adolescent appela donc sa grand-mère, une chose qu'il n'avait pas fait depuis très longtemps. Mais aucune réponse ne vînt. Il monta les escaliers deux à deux et alla dans la chambre de l'adulte. Le soleil baigné la pièce d'une douce lumière qui semblait danser sur les murs bordeaux. Le lit n'était pas défait, l'armoire sur la droite était ouverte, mais la porte ne fermait plus depuis des années. Les vêtements de sa grand mère était plié, près à être rangé sur le lit. Mais elle n'était nulle part. Il se dirigea dans la salle de bain, rien non plus, si ce n'est l'inquiétude qui montait de plus en plus. Alors il se dirigea vers le couloir qui menait à sa chambre. Et son c½ur s'arrêta.
     
           « Grand-mère ! ne put-il s'empêcher de crier quand il vit le corps inerte gisant à terre. »
     
          Aucune réponse. Il secoua doucement le corps, appela encore sa grand-mère mais la femme était morte. Il comprit après quelques secondes ce qui était arrivé et son corps se figea.
     
           « Encore, murmura-t-il pour lui-même ».
     
          Il ferma les yeux de la vielle femme doucement. Puis il la porta, difficilement avec sa main blessé, mais il ne voulait pas la laisser là, à aucun prix. Il alla jusqu'à la chambre de la vielle femme et l'installa doucement et délicatement dans son lit. Il  alla chercher ensuite les deux poupées qu'il posa aux côtés de sa grand-mère avant de s'asseoir au le pied du lit. Il resta là, silencieux à l'observer comme si elle dormait.
     
          Il faisait souvent ça. En plein milieu de la nuit, il allait observer la seule personne qu'il aimait et qui l'aimait. Il la regardait dormir sans rien dire. Il n'avait jamais su trouver les mots jusqu'alors, il ne parlait donc pas. Mais cette fois-ci, c'était la dernière fois. Et il s'en voulait.
     
          Il n'avait pas été là pour elle. Il avait vu qu'elle vieillissait, qu'elle allait de moins en moins bien depuis quelques mois. Il aurait fallu qu'il reste près d'elle, mais ce qu'il faisait ailleurs été tellement important... Mais il n'aurait jamais l'occasion de lui dire... Il ne restait plus que maintenant dans ce silence qui allait perdurer encore et toujours.
     
           « Ce n'était pas un accident ce jour-là... Les freins étaient morts, c'est pour ça que papa n'a pas su arrêter la voiture et qu'ils ont foncés dans le mur. C'est le mécanicien qui a rapatrié la voiture qui l'avait dit. Alors j'ai voulu savoir qui avait saboté les freins... Désolé d'avoir mis autant de temps à trouver qui avait fait ça, commença-t-il avant de s'interrompre, ne sachant s'il devait continuer ou non. Tu connais Sakumo Hatake ? C'est un homme mort il y a trois ans dans un incendie. Il est à l'origine de l'accident de papa et maman. Une vieille rancune par rapport à l'entreprise Sabaku. Papa et lui avait eu une altercation, il y a dix ans et c'est, je crois, la base de cet accident. Je n'ai pas d'autres explications mais je sais que c'est lui. Son fils a laissé filtrer cette information et de nombreux sous-entendus ont fugué à droite à gauche. J'ai réussi à remonter jusqu'à l'homme aux cheveux blanc qui me l'a avoué. Enfin... Il ne l'a pas fait de son plein gré, c'est pourquoi je suis amoché comme ça... Peu importe tout ce que je devais faire pour connaitre la vérité, je le voulais vraiment... Et je voulais aussi ça pour toi. Mais c'est trop tard... Je suis désolé grand-mère... »
     
          Sa voix s'éteint et il réprima le sanglot qui montait dans sa gorge. Il ne voulait pas craquer. Il ne voulait pas paraître faible. Il ne voulait pas montrer ses émotions, se montrer fragile et vulnérable comme il l'était depuis toutes ses années. Il ne voulait plus pleurer un être cher, il en avait marre de perdre les gens qu'il aimait. Mais maintenant, il n'avait plus personne. Il était seul, seul avec l'idée qu'il n'avait même pas été là pour sa grand-mère, pour la femme qui l'avait supporté, qui l'avait aimé. Cette pensée le remua et les larmes coulèrent. A quoi bon vouloir paraître fort, personne ne pouvait le voir à ce moment-là. Il pouvait redevenir le petit garçon, triste à mourir, qui avait perdu ses parents...
     
          « Hier tu m'as dit que je t'avais fait vivre un enfer, que je ne te parlais pas, que je ne te disais rien... C'est vrai, je m'en rendais compte. J'aurais pu te dire merci pour tout ce que tu faisais, te parler, et te rendre tout ce que tu m'as donné. Mais... Tu étais unique et je ne savais pas comment gérer notre relation. Tout le monde me prend soit pour un connard, soit pour un surdoué hautain, alors j'ai juste à les ignorer. Mais toi, tu me prenais pour qui j'étais vraiment... Le problème c'est... C'est que je ne sais pas qui je suis vraiment... Je suis personne, je suis inutile et je ne veux pas l'être. Toutes les personnes qui étaient proches de moi ne sont plus là... Toi aussi tu n'es plus là grand-mère... Comment... Comment je vais faire maintenant ? Je suis tout seul mais le pire c'est que je t'ai laissé toute seule pendant toutes ses années... Je suis tellement désolé... Je t'ai presque abandonné alors que tu étais la seule à être avec moi... Je... Je sais plus quoi penser grand-mère. J'aurais voulu ne pas t'aimer, presque te détester comme ça ta mort m'aurait fait ni chaud ni froid... Mais je t'aime tellement que ça fait mal de te perdre. Ça fait encore plus mal de ne pas avoir su t'apprécier à ta juste valeur, de ne pas te l'avoir dit. Tu as dû penser que tu étais toute seule, tu as dû penser que je ne t'aimais pas.... Je suis désolé... Tellement désolé... Mais maintenant c'est trop tard ! Tu avais raison de me détester... Tu aurais dû m'abandonner avant, me laisser seul comme je le faisais avec toi... Pourquoi tu es resté grand-mère ? Hein ? Pourquoi ? »
      
          Les sanglots et les larmes entrecoupaient les paroles pleines d'émotions de l'adolescent redevenu petit garçon. Il comprenait tout le mal qu'il avait fait à sa grand-mère, la grande souffrance qu'elle avait vécu. Il le savait pendant tout ce temps mais il n'avait pas su comment faire et il s'en voulait. Il s'en voulait à mourir. Il était seul... Seul au milieu du corps inerte de sa chère grand-mère et des deux poupées à l'effigie de ses parents.... Le c½ur serrait et blessait. L'amour qu'il avait mû pendant des années se déversaient en flot... Et il détestait ça, il détestait aimer à ce point, il détestait perdre ceux qu'il aimait... Il se détestait lui. 
  
Fin. 
  
                                                                                                                         One Shot suivant ►
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'Lut, 
Voici (enfin) ce One Shot pour le concours de Yué !
Le thème est "Je hais t'aimer". 
Je n'ai pas voulu aller à la simplicité en prenant un couple, ni des personnages qu'on voit tout le temps. 
Du coup j'ai refait un truc à ma sauce avec Chiyo comme personnage principal. 
Je sais aps vraiment ce que ça a donné, j'arrive pas à savoir si toutes les émotions sont bien passé, alors j'attends votre verdict ! 
J'espère que la lecture vous a plu ! 
Z"houbix ♥
Hina

Tags : One Shot

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Comments :

  • KonohaReading

    22/04/2017

    C'est encore moi ahah
    Tu as reçu l'avis d'un bénévole : http://konohareading.skyrock.com/3283468810-FEUILLE-44.html

    Mél.

  • KonohaReading

    21/04/2017

    Hello~
    Tu as reçu l'avis d'un bénévole : http://konohareading.skyrock.com/3283468810-FEUILLE-44.html

    Mél.

  • adena-chan

    20/04/2017

    Coucou, je viens te prévenir que je viens tout juste de finir ma critique pour cet Os, j’ai tout simplement adoré, alors la voici ! ;)

    « Déjà, il faut savoir que le titre est très frappeur, évocateur. « Je hais t’aimer ». Ces trois mots. Très simples, et pourtant, qui ont beaucoup, beaucoup d’impact sur le lecteur. Qu’est-ce que je veux dire par là ? Tout simplement, parce qu’il évoque une profonde douleur. Mais quelle sorte de douleur ? L’amour à distance ? Non. Cette phrase m’évoquait un déchirement. Des larmes, du drame. D’ailleurs, dès que j’ai vu les genres de ce récit, j’ai compris que ce serait loin d’être tout rose. Donc, tout d’abord, félicitation à l’auteure pour le titre. Car, ce n’est pas le résumé qui m’a de suite interpellé, mais bien ces trois petits mots, tout simple. Une phrase. Et, je trouve que c’est fort. Peut-être que le titre a demandé beaucoup de réflexion, peut-être que non, mais dans tous les cas, c’est ce qui m’a poussé à en savoir plus.

    Nous voici donc au résumé. Et quel résumé ! Comme le titre, il frappe fort, très fort. L’impression que cet écrit va nous toucher est là, bien présente et, bien évidemment, ce qui devait arriver, c’est produit. Les émotions ont chargé et se sont déversées. Je m’égare, revenons au début. Les quelques mots qui mettent en scène les personnages et donne un bref résumé au récit est très bien tourné, je trouve. Nous n’avons pas les points sur les « i », l’auteure reste vague. On est totalement dans le noir, voire le brouillard et vous savez quoi ? Je crois aimer ça. Bon, peut-être ne suis-je pas normale, mais j’avoue que le mystère et le questionnement y était plus que présent. En plus de cela, la fin est atrocement injuste ! « Mais elle se trompait. » Ça m’a tuée ! Vous vous doutez de la suite, j’imagine ? J’ai filé lire la suite. J’ai vu par la même occasion qu’il n’y avait pas d’avis et je me suis retenue de m’exclamer : Blasphème ! Mais j’ai tins bon.

    Bon, passons maintenant à la suite. Et quelle suite ! Quel détournement de situation ! Bref ! Petite parenthèse, ton blog est très joli et bien organisé. Les articles, clairs et précis, sont là pour nous aider à nous repérer, ce que je trouve vraiment superbe. Après, la mise en page des chapitres et autre, parfaite ! Avant de continuer ma critique, je tenais à dire que j’ai repérer quelques fautes, par rapport aux virgules dans ce récit, rien de très grave, on s’entend ? Le reste était vraiment parfait niveau syntaxe et orthographe, de mon point de vue. Ensuite, deuxième petit hic, serait les mêmes mots qui se répètent. Par exemple : petit garçon, très répétitif au début. Ça vient un peu alourdir le texte, et arrêtait quelque peu sa fluidité, mais rien de très grave, je te conseillerai seulement de trouver d’autres synonymes. Surdoué aussi, d’ailleurs, je pense que tu pourrais le remplacer par « génie ».

    Pour en revenir l’Os, je n’ai pas été déçu, loin de là. J’ai été même plus qu’impressionnée ! La tournure des phrases est belle, le style, la plume, unique ! Tout est bien tourné et c’est un vrai plaisir de lire l’auteure. J’avoue avoir été vraiment touché quand la phrase de Sasori adressée à Chiyo, à l’âge de dix ans seulement, résonne de plein fouet : « je m’en fou, dégage ». Ça a fait beaucoup de dégâts aussi de mon côté. D’ailleurs, je tenais à le dire, mais la particularité dans ce récit –son principal point fort, je dirai- serait la potentiel que l’auteure a de faire ressentir les émotions aux lecteurs qui passent par là. C’est intense et on devient enivré par ces mots, ces phrases qui forment un tourbillon et qui nous emmène loin, très loin. J’avoue avoir été perturbé –dans le bon sens, bien évidemment !

    Ensuite, nouveau détournement de situation pour la fin. J’ai été plus que touchée, j’en ai eu les larmes aux yeux et je suis sûre que si je n’étais pas aussi concentrée sur le fait que je voulais faire une critique, j’aurai versé des larmes, j’en suis certaine. J’ai donc parfaitement compris le titre maintenant… Et, wow ! Quel talent ! Tes phrases sont magnifiques et les quelques paroles qu’il y a dans cet Os sont superbes, parfaites, parce qu’elles sont là où il fallait, elles sont exprimées correctement et les mots nous touchent, nous donnent envie de pleurer et de serrer dans nos bras Chiyo, mais aussi Sasori, surtout maintenant qu’on sait, qu’il va vivre cette douleur, dorénavant tout seul. Pour finir, je dirai que j’ai été complètement subjuguée par la plume de l’auteure pour l’originalité de l’histoire, mais surtout des personnages, car Chiyo n’apparaît pas souvent et c’est un plaisir de la voir, surtout dans ce contexte. Alors, je dirai tout simplement : bravo à l’auteure pour la faciliter qu’elle a de nous faire passer les émotions de ses personnages et surtout merci de nous permettre de te lire, c’est un vrai plaisir !

    Mirabella xx »

  • KonohaReading

    09/04/2017

    Hello~
    Voici ton article pour cet OS : http://konohareading.skyrock.com/3283468810-FEUILLE-44.html
    Désolé pour l'attente ! ><

    Mél.

  • Seiki

    16/07/2016

    J'Adore ton image, je pourrais la prendre ?

  • One-Boa-Piece

    12/02/2015

    C'est la vérité ;)

  • One-Boa-Piece

    31/01/2015

    Hé bien je ne sais pas laquelle choisir ils ont tous l'air intéressant, peut être la suite de la fanfiction n°01, enfin fait comme le vent t’emmènera !

  • anissa-uchiha

    30/01/2015

    je veux que tu continue ta première fiction *Q* donc je choisis la Fanfiction n°1 bis !!!! *Q*

  • Zorume-Star

    20/01/2015

    Hum, Le Labyrinthe de la Marine a l'air cool =D wow tu as écris beaucoup de fics *O*)

  • One-Boa-Piece

    24/08/2014

    Ha oui, au début c'était "leur" car j'avais fait Kidd et Killer qui étaient en retard et la aussi je me suis ravisée ^^ Et je me suis ravisée pour la suite ce préfère que vous imaginez vous mêmes je pens e^^

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