OS ~ Rêve d'avenir

Cela faisait six longues années qu'elle travaillait dans ce bar. Et c'en était trop. Elle avait besoin de changer d'air. De prendre un nouveau départ. De se défaire de son passé pour mieux avancer. Elle avait besoin d'un rêve d'avenir : elle en avait un. Se réaliserait-il ? 
  
 
Naruto ~ Tranche de vie ~ Amitié ~ K
  

     
  
            « Un café, dit un jeune homme d'une vingtaine d'année en s'accoudant au comptoir.
-          Bonjour, que puis-je pour vous ? répondit la serveuse. »
          
          Il était aux alentours de quinze heure et OTO, l'un des cafés les plus fréquentés en journée, commençait à se remplir de plus en plus. Les tables rondes entourées de plus ou moins trois chaises blanches qui occupaient tout le pan du mur face au comptoir de bois peint en gris clair étaient occupées par de jeunes adultes. La fresque qui représentait un pêle-mêle de personnages de films de science-fiction et de fantasy et tout autre s'étendait, coloré sur le mur blanc. Harry Potter y côtoyait Chihiro qui discutait avec Avatar. Tous les visages étaient disposés de telle sorte à ce qu'ils forment les lettres du nom du café.
          
          Le parquet en chevrons usés et les murs blancs décorés de ça de là reflétaient la lumière de l'après-midi qui émanait de la vitrine sur la droite du comptoir. Derrière celui-ci, Tayuya qui préparait les commandes  depuis deux heures déjà, laissait la lassitude prendre peu à peu son corps. Son air dédaigneux et revêche n'était que le masque d'exaspération qu'elle avait endossé contre son gré.
          
          Elle observa le client face à elle avec un petit sourire hypocrite attendant sa réponse. Celui-ci, un brun aux yeux bruns, la dévisagea comme si elle était sortie d'un asile. Or, il n'en était rien. Elle souhaitait simplement qu'on la respecte avec un « bonjour », « s'il vous plait » et « merci ». Mais les clients semblaient toujours oublier ce qu'était la politesse, à son plus grand damne.
           
          « Un café, répéta-t-il en détachant chacune de ses syllabes pour qu'elle puisse comprendre.
-          Plait-il ? demanda-t-elle.
-          Tayuya, tais-toi et sers le client, gronda une voix derrière elle. »
           
          Elle soupira mais ne tourna même pas la tête en direction de la voix qu'elle venait d'entendre. C'était celle de son patron, Orochimaru, qui la réprimandait comme toujours. Elle obtempéra donc et servit un café au jeune homme qui s'éloigna ensuite avec un air dédaigneux.  Si le bar avait été vide, elle aurait fait la grimace derrière son dos en contre partie pour ce manque total de civilité. Mais avec son patron à côté d'elle, elle se contenta de l'imaginer, un fin sourire sur les lèvres.
          
          D'ailleurs cette situation lui donna une idée. Alors qu'un autre client se présentait devant elle, elle chercha sur son plan de travail son carnet pour y griffonner quelques mots. « Histoire d'un impoli qui finit écrasé par un bus ». Elle ne savait pas ce qu'elle en ferait véritablement mais au moins elle était satisfaite de pouvoir déverser son ressentit quelque part.
           
          « Tayuya, que fais-tu ? Il y a encore des clients qui doivent être servi ! la réprimanda une nouvelle fois Orochimaru.
-          Oui oui, bougonna-t-elle avant de servir une nouvelle tasse de café et d'ouvrir deux sodas qu'elle plaça sur un plateau qu'elle tendit vers son ami. Ukon, ta commande, dit-elle en avant de se tourner vers un client : Bonjour, que puis-je pour vous ? »
           
          Le service continua ainsi pendant plusieurs heures. Les trois serveurs, Tayuya et ses deux amis de toujours Sakon et Ukon, échangèrent leur rôle au fur et à mesure. Tout en servant, ils se lançaient dans des discussions sans queue ni tête sur leur héros préféré ou bien sur le dernier épisode d'une des séries qu'ils suivaient ardemment sur Netflix. Grâce à ses deux amis, la journée de travail se passa doucement mais surement au lieu d'être complètement arasant.
          
          Après les lycéens qui venaient boire leur chocolat chaud ou  leur soda, il y avait eu la vague des étudiants qui venait boire une bière pour décompresser et enfin, la pire de toutes, la vague des fêtards qui resteraient jusqu'à la fermeture du bar commandant cocktails et verres d'alcool fort dans la limite de leur budget.
          
          Suite à l'insolence face à un client, Tayuya avait été surveillée de près pendant tout son service. Le moindre de ses gestes était épié, son comportement passé au crible et ses agissements minutieusement observés. Elle ne devait pas faire un pas de travers et cette pression était intenable au fur et à mesure de la journée. Même les conneries des frères pour la dérider et les arguments qu'ils avaient avancé pour qu'Orochimaru lui lâche un peu la grappe n'avaient pas marché.
          
          Elle put alors enfin souffler un bon coup lorsque le dernier client partit et qu'elle ferma la porte d'entrée du bar derrière elle. Cependant, elle redevint dépitée après avoir embrassé du regard le carnage qu'était le bar après cette soirée du vendredi. Les tables et les chaises avaient changé plus ou moins de place, les verres s'empilaient sur les tables, le comptoir et dans l'évier. Et elle était seule pour tout ranger et tout laver.
          
           « C'est pas une vie, souffla-t-elle en allant chercher l'un des plateaux et se diriger vers une table pour récupérer toutes les affaires dessus. »
          
          Alors qu'elle avait empilé la vaisselle et les détritus qui se trouvaient sur la première table, elle porta son lourd fardeau jusqu'au comptoir. Elle recommença cette man½uvre plusieurs fois jusqu'à ce que toutes les tables soient vides.
          
           « Tayuya, je peux te parler ? demanda Orochimaru. »
 
          La rose posa son plateau chargé sur le bois peint du bar et se retourna pour faire face à l'homme qui l'avait engagé. Il se tenait fièrement camper sur ses deux longues jambes. Sa chevelure brune qui arrivait au niveau des lombaires d'ordinaire était attachée en une queue basse posée sur son épaule et jurait avec le blanc cireux de sa peau. Ses yeux reptiliens cernés par la fatigue et le kôlh observaient la jeune femme avec un regard sévère mais pas glacial. Cependant, Tayuya ne courba pas l'échine et le fixa elle aussi.
          
          Elle savait ce qu'il allait lui dire. Elle avait déjà entendu ce discours des millions de fois depuis qu'ils s'étaient rencontrés lorsqu'elle avait à peine quinze ans. Il l'avait toujours soutenue et réprimandé pour qu'elle réussisse, qu'elle se dépasse et qu'elle fasse ce qu'elle souhaite. Cependant, depuis quelques mois, ce n'était plus que des reproches pour qu'elle paraisse et non qu'elle soit. C'est pourquoi elle ne se priva pas pour être sèche malgré le respect qu'elle avait pour lui.
                     
           « Qu'y a-t-il ? demanda-t-elle en se laissant aller contre le comptoir.
-          Je voulais te parler de ton comportement, reprit l'homme en s'asseyant sur le bord d'une table. Aujourd'hui, ce n'était pas vraiment ça...
-          Je suis comme d'habitude, se défendit la rose.
-          C'est justement le problème Tayu. Tu es censée accueillir et servir les gens avec le sourire. Etre polie dans tous les cas de figure aussi en somme. Même quand le client est désagréable.
-          Désolée mais je n'ai pas signé pour jouer la comédie, fit-elle cinglante, agacée par tant de reproches. »
          
          Orochimaru soupira face à l'air entêté de sa protégée. Depuis qu'ils l'avaient sortie d'un squat où elle traînait avec les jumeaux, il veillait toujours sur elle afin qu'elle s'intègre à cette société. Il l'avait relevée et encouragée jusqu'à ce qu'elle ait son bac, difficilement certes. Et une fois qu'elle avait besoin d'un travail et d'argent, il l'avait engagé pour l'aider. Au vu de ses notes et son comportement à l'époque elle n'aurait rien pu faire d'autre et elle voulait lui rendre ce qu'il lui avait donné alors elle avait accepté malgré ce job clairement pas fait pour elle. Se coucher tard ne lui avait jamais posé de problème, mais être confrontée à une bande d'idiots impolis était au-dessus de ses forces. Ces six longues années de travail, à se plier en quatre pour faire plaisir aux autres, commençaient à sérieusement l'agacer.
          
           « Non, tu as signé pour être serveuse, répondit placidement le patron. Et tu dois éviter de faire fuir les clients. Je ne te demande pas grand-chose Tayu, simplement d'être agréable avec eux et ne pas tirer une tête de six pieds de long comme si les servir te faisait profondément chier.
-          Mais ça me fait chier ! s'exclama-t-elle. Attends, si y'a trois clients qui me disent bonjour c'est un miracle. Je ne suis ni un chien, ni un esclave. Alors ils n'ont qu'à me respecter et j'en ferais autant avec eux. Je m'appelle pas Cendrillon !
-          Tayuya, soupira l'homme.
-          Non, n'essaye pas de m'amadouer avec des sentiments à la con et des paroles toutes faites que tu me sors à chaque fois. Si tu n'es plus content de moi, vire-moi et on en parle plus. Je fais des efforts avec ceux qui en font, et regarde le bar reste bien peuplé malgré ton équipe de bras cassé qu'on est les jumeaux et moi. Alors c'est à prendre ou à laisser ! »
           
          Furibonde, Tayuya avait les poings sur les hanches et les sourcils froncés. Elle en avait marre de s'en prendre plein la figure. Elle voulait continuer à bosser ici pour ses amis et son sauveur, mais aussi parce que ça payait les factures. Elle savait qu'ailleurs ça serait pire, qu'Orochimaru était l'un des patrons les plus faciles à vivre. Elle avait un caractère de merde et elle le savait. Alors si elle devait être renvoyée, elle préférait encore que ça soit maintenant, quand elle avait toujours la tête haute. La tête haute, mais le c½ur au bord du gouffre. Mais c'était trop tard pour revenir sur ses mots, c'était la seule alternative et la balle était dans le camp adverse.
           
           « Tayu, je ne vais pas te virer. Je ne le pourrais pas et tu le sais très bien, finit-il par répondre. C'est juste que...
-          A prendre ou à laisser, le coupa-t-elle. Tu as pris. Maintenant, si tu le permets j'ai un bar à laver, après je ne suis pas contre de l'aide. »
           
          Orochimaru ne put s'empêcher d'afficher un sourire et de rire légèrement. Tayuya était unique en son genre, c'était certain. Face à la tête joyeuse de son ami, elle se dérida elle aussi et reprit son dur labeur. Après quelques minutes, ils se trouvaient tous les deux en train de laver pour l'un et d'essuyer pour l'autre les verres qui avaient servis. Ils ne parlaient pas énormément par manque de sujet à force de passer une grande partie de la journée ensemble. Mais ce silence ne les gênait pas, il était calme et léger et puis la musique diffusée par la stéréo suffisait à emplir la salle. Après trois quart d'heure Tayuya rentra enfin chez elle, lessivée par la journée. Elle se glissa sous la douche chaude pour se détendre avant de s'aplatir dans son lit comme une larve.
           
           « C'est pas une vie, dit-elle pour elle-même en repensant à cette journée mais aussi en pensant aux autres où elle devrait jouer la bonne samaritaine qui accepte docilement de se faire traiter comme un chien. »
           
          Alors que trois heures du matin s'affichaient, la jeune femme fouilla dans son sac pour retrouver son carnet. Elle avait besoin de se vider la tête et ce carnet noir tout simple était la clé de son évasion. Loin d'être un journal intime, il comporter toutes les idées qui pouvaient lui passer par la tête à chaque instant. Elle ne s'en séparait jamais même au travail. D'ailleurs, aujourd'hui elle avait été très productive.
          
          Elle avait griffonné de nombreuses idées qui recouvraient trois pages et demi. Parfois des mots, des impressions, des idées saugrenues, un fait marquant, une remarque, une citation. Tout y passait sans aucune sélection. C'était le soir, comme à cet instant, qu'elle relisait le tout à tête reposée et qu'elle sélectionnait les meilleures idées qu'elle avait eu.
          
          Ce soir, sans l'ombre d'un doute, c'était le client impoli qui se fait écraser par un bus qui remporta la palme d'or. Un sourire s'érigea sur ses lèvres alors qu'elle tirait le tiroir de sa table de chevet pour y prendre son crayon de bois qui faisait à peine un tiers de ce qu'il était à l'origine et sa pochette rigide de feuille. Après avoir maugrée contre la règle qu'elle ne trouvait pas, elle sortit deux feuilles de sa pochette l'une qu'elle accrocha sur son socle et l'autre qu'elle plia en plusieurs morceaux pour s'en servir de règle.
 
          Après avoir tracé une série de quatre vignettes horizontales sur toute la hauteur de son format, elle commença à disposer les formes générales de ses futurs dessins. Une fois la division de la zone de travail, elle se laissa aller à ses fantaisies. D'abord des formes géométriques simples, des traits de constructions, puis les simulacres du véritable dessin. Les traits se noircissaient, s'arrondissaient, se forcissaient. Le dessin prenait vit totalement alors que la jeune femme gommait les traits inutiles et superflus.
          
          La première case représentait un garçon aux cheveux bruns et aux yeux de la même couleur qui marchait dans la rue parmi quelques autres hommes sans visage alors que sur la droite du dessin se dressait fièrement le café OTO où elle travaillait avec sa vitrine qui laissait voir un couple autour d'une table ronde.
          
          La deuxième représentait le même homme entrant dans la bâtisse. En arrière fond, la vitrine reconnaissable par les notes de musiques qui étaient placées ça et là  et par le couple immobile. Le jeune homme se détachait du décor sur la gauche et sur la droite se tenait le comptoir et un personnage féminin qui représentait plus ou moins Tayuya. Une bulle avait vu le jour se fondant parfaitement dans le décor : « Un café ! ».  En l'écrivant, elle avait grogné et injurié ce client totalement impoli et irrespectueux toujours frustrée de ne pas avoir pu lui dire ses quatre vérités quelques heures plus tôt.
          
          La troisième case se passait dans le même décor. Le garçon était tourné vers la porte, prêt à partir et une tasse de café se trouvait sur le bar alors qu'elle n'y était pas avant. La silhouette de la serveuse était grossière, à moitié de dos sans pouvoir voir son visage. Une petite bulle était dirigée vers elle et disait simplement « Au revoir ».
          
          Le dernier dessin était son préféré. Une nouvelle fois le jeune homme se trouvait dans la rue, il traversait le passage piéton à peine dessiné alors qu'un bus arrivait à pleine vitesse. Des traits nombreux, secs et obliques accentuaient le mouvement de l'image.  Le dessin était tel qu'on ne pouvait pas imaginer de fin heureuse pour le client impoli. Et ça faisait sourire la rose avec une satisfaction non contenue.
          
          Tayuya finit par signer et dater son dessin avant de s'étirer. Lorsque son regard croisa l'heure sur son réveil trois heures s'étaient passées. Lorsqu'elle s'adonnait à sa passion, les heures défilaient sans qu'elle ne le remarque. Généralement, c'était le contrecoup, les courbatures et les crispations de ses muscles qui la rappelaient à l'ordre, lui ordonnant de s'arrêter.
          
          Depuis qu'elle était enfant, elle s'adonnait des heures durant au dessin. Elle avait appris sur le tas les techniques, l'utilisation des différents crayons et autres instruments qui lui permettaient de donner vie à ses envies. Elle avait commencé à griffonner des personnages sur les marges de ses cahiers, puis elle avait entreprit de graffer les murs de la ville et du bar avant de retourner à son premier amour : la BD. Elle adorait raconter des histoires simplement avec des dessins, créer ses propres personnages, leur faire faire ce qu'elle voulait.
          
          Satisfaite de sa planche, elle rangea son matériel dans sa table de nuit avant d'éteindre sa lampe et de s'endormir alors que les six heures du matin étaient maintenant dépassées.
          
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          « Un café, fit le nouveau client face à Tayuya. »
           
          Elle se pinça la peau du poignet pour éviter de lever les yeux au ciel, ou bien encore de soupirer ouvertement, ou bien pire encore d'envoyer bouler le client. Elle avait pris son service il y avait à peine une heure et c'était déjà le septième client qui claquait des doigts pour qu'on lui serve un café sur un plateau d'argent.
          
          Elle avait été polie avec les précédents clients. Elle les avait salué, les avait servi avec un sourire, leur avait souhaité une bonne journée. Orochimaru l'avait déjà réprimandé deux fois et elle ne pouvait pas se permettre de passer outre ses remarques. Du coup, avec Sakon elle s'était dit qu'elle échangerait de poste afin de ne plus se trouvait face à ce genre d'individu. Malheureusement, l'argenté avait dû s'absenter pour une envie pressante.
           
           « J'ai dit : un café, répéta le client avec un air agacé. »
           
          C'était la goutte d'eau qui fit déborder le vase.  La jeune femme roula des yeux d'exaspération et maudit son ami qui avait évité de se prendre cet irrespect monstrueux dans la figure. Elle se tourna donc pour prendre une tasse qu'elle posa violemment devant elle, faisant sursauter tout le monde. Puis, elle attrapa la cafetière pleine et servit la tasse jusqu'à ce qu'elle déborde sur le comptoir. Elle continua jusqu'à ce que plus aucun liquide ne coule. Elle balança le broc dans l'évier et avec un air de défi balança au client :
           
           « La prochaine fois tu diras « s'il vous plait », connard ! »
           
          Alors que tout le monde la regardait totalement hébétée, elle retira son tablier qu'elle posa négligemment devant elle. Elle attrapa rapidement son carnet qui trainait à côté d'elle et s'aventura dans l'arrière-boutique pour prendre sa veste et son sac. Elle y croisa Sakon.
           
           « Y'a un problème Tayu ? demanda-t-il. »
          
          Elle ne répondit rien et  retourna, une fois son sac en main et sa veste sur le dos, dans la salle qui avait repris ses esprits et commençait à commenter ce qui venait de se passer. Elle les foudroya du regard avant de claquer la porte violemment sur la tête d'Ukon qui l'appelait. Elle s'aventura alors dans la rue, bien décidée, sans savoir où elle irait. Peu importe.
           
          « Tayuya reviens ici tout de suite ! cria derrière elle Orochimaru. »
           
          Elle se retourna rapidement et revient vers lui, non pas parce qu'il lui avait demandé mais pour dire le fond de sa pensée. Elle s'arrêta à un pas de lui, le doigt levé dans sa direction. Il avait beau le dépassé d'une tête, avoir une corpulence moyenne face à son frêle corps, elle s'en fichait. Elle se fichait de tout à cet instant.
           
           « Je. Ne. Suis. Pas. Un. Chien, cracha-t-elle, furibonde. »
           
          Elle n'arrivait même pas à expliquer la rage qui coulait dans ses veines sans retenus. Elle ne pouvait ni la stopper, ni la canaliser. Elle prenait vraiment possession d'elle, de son corps, de son esprit. Elle semblait voir le monde à travers un rideau qui occultait sa conscience. Au diable les bonnes manières, les conséquences et les causes. Tout ce qui lui importait, c'était d'exploser. Elle voulait rugir, hurler, crier et courir à perdre haleine. Elle voulait se vider de tout, absolument tout et se retrouver atone et sans émotion. Elle voulait oublier le monde sans autres formes de procès.
           
           « Tu vas revenir immédiatement à l'intérieur et tu vas t'excuser auprès du client, gronda Orochimaru qui ne semblait pas déstabilisé par le regard assassin de sa serveuse.
-          Hors de question ! rugit-elle. Il peut aller se faire foutre ! Et toi aussi ! Et le monde aussi ! J'en ai plus rien à foutre c'est clair ? Adieu ! »
           
          Elle n'attendit pas qu'il réplique, ni qu'il réagisse. Elle fit volteface et partit en courant. A moitié pour lui échapper, à moitié pour fuir la vie elle-même. Elle bousculait les gens sans s'en apercevoir. Elle se faisait insulté sans s'en rendre contre. De toute façon, plus personne ne pouvait l'arrêter. Personne ne l'avait jamais pu.
          
          Son sac en bandoulière balotait contre sa jambe et la sangle l'empêchait de respirer correctement alors que l'effort lui demandait plus d'air. Elle courrait avec ses sandales qui meurtrissaient ses pieds. Sa veste en cuir lui donnait chaud alors que le soleil s'était paré de ses plus beaux rayons. Sa course s'essoufflait. Elle s'arrêta lorsque chaque nouveaux pas lui brûlait la voûte plantaire.
          
          Le rideau de rage qui la recouvrait jusqu'alors laissa place à un tourbillon de sentiments qui la déboussolait et la désorientait. Elle ne savait plus vraiment où elle était et elle ne semblait pas reconnaître les rues et les boutiques autour d'elle. Elle se laissa glisser contre un mur, assise par terre, alors que les passants l'observaient et murmuraient à son encontre.
          
          Elle peinait à reprendre son souffle. Elle avait explosé mais elle ne se sentait pas mieux pour autant. Sa conscience revenait peu à peu avec elle, trainées par les pieds, toutes les conséquences qui allaient suivre. Celles qu'elle devrait assumer. Celles qu'elle fuyait dans la routine du quotidien.
          
          Un soupir lui échappa mais il ne servit à rien. Il n'envola pas la culpabilité, la misère et la rage sourde. Elle était épuisée intérieurement. Elle avait repris son souffle, ses muscles s'épanouissaient dans leur repos et sa chaleur corporelle avait baissé. Mais elle ne se sentait pas mieux. Elle n'était ni atone ni sans sentiments.
          
          Est-ce qu'elle pouvait se sentir mieux de toute façon ? Sa vie ressemblait à une mascarade. Elle faisait les choses pour eux, Orochimaru et les jumeaux, pour réparer ses erreurs, pour remonter la pente. Mais quelle pente ? Celle qu'elle avait dévalée alors qu'elle avait quinze ans ? Celle qu'elle avait remontés lorsqu'elle avait eu son bac, son premier boulot, son appartement ? Celle qu'elle regardait de haut depuis qu'elle avait un salaire stable et que sa mère lui disait « bravo » ? Celle qu'elle avait presque oubliée parce qu'elle en avait une nouvelle à gravir ? Ouais, celle-là était derrière. Et celle devant elle n'était pas insurmontable. Elle savait qu'une fois qu'elle l'aurait franchi, il y en aurait une nouvelle. C'était ça la vie !
          
          Alors pourquoi était-elle restée coincée entre deux collines ? Elle avait stagné par respect pour l'ancienne pente et pour ceux qui l'avaient aidée à grimper. Maintenant, elle devait grandir encore un peu plus et tendre la main pour aider ceux qui galéraient.
          
          Au diable son boulot de serveuse qu'elle n'avait jamais aimé. Au diable ces deux idiots d'amis avec qui elle avait juré de rester toujours à trois. Au diable Orochimaru qui attendait d'elle qu'elle soit une bonne petite fille. Elle n'en était plus une. Elle devait devenir une femme, celle qui se montre forte et qui avance. Non pas sans peur mais sans crainte. Marcher sur des ½ufs c'était risqué mais ça valait mieux que de marcher sur des braises. A choisir, elle préférait sauter par-dessus.
          
          Alors oui, elle allait se les mettre à dos et perdre son boulot. Oui, elle aurait du mal à payer son loyer et elle devra soudoyer. Mais ils devraient s'y faire et elle aussi. Elle avait toujours aimé le dessin. Elle avait toujours espérer être illustratrice et même mieux créer sa propre bande dessiné. Alors qu'attendait-elle ? Que son rêve s'évapore avec les âges ?
          
           « C'est pas une vie, murmura-t-elle pour elle-même, mais ça va en devenir une. »
 
          « C'est pas une vie » était sa phrase culte depuis des années. Elle la répétait sans cesse, tous les jours, à chaque fois que quelque chose n'allait pas. Elle en souffrait de cette phrase qui sortait de sa bouche à cause de la véracité de ses dires. Ce n'était pas sa vie, ni celle d'un autre, c'était un substitut jusqu'à ce qu'elle se relève et quelle commence à grimper la pente devant-elle. Elle venait de franchir la première marche et elle ne devait pas s'arrêter en si bon chemin. Elle devait affronter Orochimaru maintenant.
          
          Elle n'était plus en colère, ni même triste. Elle était résolue, résolue à remplir le vide qu'elle avait elle-même creusé dans son c½ur. Il lui manquait l'étincelle, celle qui brillait dans ses yeux lorsqu'elle dessinait. Elle ne pouvait pas se laisser aller et espérer que ça irait mieux un jour. Pour un client qui disait bonjour, il y en avait dix qui s'en fichaient. Elle le savait et elle ne pouvait le changer. Alors elle n'avait plus qu'à les laisser de côté.
          
          Elle finit par se redresser et regarder autour d'elle pour se repérer. Elle avait couru jusqu'à l'église monumental d'art roman construite dans les années 1200 qui se trouvait au nord de la ville. A une vingtaine de minutes en voiture du bar : Comment avait-elle fait pour arriver jusqu'ici si vite ? Elle aimait beaucoup traîner par ici, les rues étaient modestes mais la matière noble des maisons l'avait toujours fasciné. Et le monument religieux aussi, surtout lui à vrai dire avec les grandes arches en pierre blanche, le clocher entouré de fer forgé luisant au soleil, les tuiles ardoise qui miroitaient. Elle avait imaginé mille et une histoires autour de cette bâtisse, de cette église et de toutes les rumeurs qui circulaient dessus. Certaines d'entre elles avaient été colportées à cause d'elle d'ailleurs.
          
          Face à la petite place de l'église se dressaient quelques restaurants et bars réputés dans la ville. Elle s'y était déjà attablée pour dessiner et y manger à sa faim. Dans ses rêves les plus fous, elle habitait dans l'une des maisons de l'autre côté de la rue. Elle se réveillait avec le son des cloches, elle descendait acheter du pain à la boulangerie à trois pâtés de maison et revenait le manger sur les marches de l'église en regardant la ville se réveiller. Elle dessinait des heures durant de chaque côté de la petite place devant le lieu de culte et ensuite elle allait donner ses planches et recevrait des compliments dessus. Un joli rêve, un rêve d'avenir.
           
           « Ça m'arrivera un jour, se fit-elle la promesse alors qu'elle quittait le quartier. »
           
          Elle mit plus d'une demie heure pour revenir jusqu'à OTO. A travers la vitrine, elle constata que l'établissement était plein à craquer. Elle vit aussi Orochimaru, un plateau à la main en train de servir une table. Un pincement de culpabilité vient assombrir son esprit, mais elle le balaya de ses convictions. Il devrait trouver une nouvelle serveuse pour la remplacer s'il ne voulait pas bosser comme ça, parce qu'elle n'était plus à son service : elle démissionnait.
          
          Cependant, malgré ses promesses et sa révolution intérieure, elle n'arriva pas à ouvrir la porte et aller parler à celui qui l'avait toujours aidé alors que personne n'y croyait. Elle avait été ingrate voir même abjecte avec lui quelques heures plus tôt. Elle ne pouvait pas revenir avec un petit sourire comme si rien ne s'était passé. Ça serait irrespectueux.
          
          Tiraillée par son devoir de vérité et d'honnêteté elle resta quelques minutes devant la porte sans que personne ne la voit. Elle finit par se décider : elle irait le voir quand le bar fermerait. Elle savait que Ukon et Sakon rentraient tôt aujourd'hui et qu'Orochimaru fermait toujours lui-même l'endroit. Elle n'aurait qu'à attendre que les deux frères partent pour se glisser à l'intérieur et...
          
          Est-ce vraiment ce qu'elle voulait faire ? Est-ce qu'elle avait bien réfléchit à tout ? Ne regretterait-elle pas sa décision, demain matin au réveil ? Elle soupira ne sachant plus quoi faire. Et puis, elle leur devait aussi la vérité à ses deux amis de toujours. Et des excuses aussi.
          
          Mais elle ne pouvait pas tous les affronter en même temps, c'était au-dessus de ses forces. Si tout le monde se retournait contre elle, elle ne savait pas si elle pourrait survivre au choc. Elle avait déjà une assez grosse emmerde émotionnelle à gérer pour compliquer les choses avec ses meilleurs amis.
          
          Elle attendit donc dans le froid sur un banc un peu plus loin dans la rue. Elle avait vu la fin de la journée apparaître et faire disparaître les gens. Elle avait croisé les joyeux fêtards qui s'étaient trouvés une nouvelle occasion pour boire. Elle avait vu les sages étudiants rentrer chez eux alors que la lune se levait. Elle les avait tous croqués. De rapides dessins en mouvement faits avec quelques traits de crayon, sans même regarder véritablement son carnet.  
          
          Les heures avaient défilés, les pages de son bloc aussi, les gens d'autant plus. Les une heure du matin pointaient presque et les derniers clients du bar sortir légèrement éméchés. La rue se remplit de nouveau l'espace de quelques instants dont profita Tayuya pour s'aventurer vers le bar avant qu'Orochimaru ou l'un des jumeaux ne ferment à clé la porte d'entrée. Alors que la cloche sonnait, annonçant une arrivée, le patron se retourna, prêt à faire sortir le dernier fêtard qui ne voulait pas que la soirée ne se termine. Cependant, ce n'était pas un étudiant bourré. Surpris, il s'était interrompu dans ses gestes alors que la rose se tenait droite comme un piquet et jouait nerveusement avec la sangle de son sac.
           
          « Salut, souffla-t-elle d'une petite voix. »
           
          Elle n'avait jamais été timide mais en cet instant elle voulait se faire toute petite pour se cacher dans un trou. Elle avait l'impression d'avoir régressé de vingt ans et que sa mère l'envoyait pour faire des excuses parce qu'elle avait fait une grosse bêtise. Mais ce n'était pas une bêtise, du moins, elle l'espérait. Elle se sentait minable et vulnérable... Orochimaru retrouva l'usage de ses membres mais ne fit aucun pas vers elle. Il s'adossa à la table derrière lui, croisa les bras sur son torse et attendit les explications de la jeune femme.
           
           « Je... commença-t-elle ne sachant pas quoi dire véritablement.  Je... reprit-elle avant de s'arrêter pour inspirer profondément trois fois de suite pour se donner une contenance et surtout du courage. Je ne m'excuserais pas pour tout à l'heure, commença-t-elle, enfin, pas pour le client et ce que j'ai fait. Je m'excuse simplement d'avoir entaché la réputation d'OTO et... Et aussi de t'avoir crié dessus, tu ne le méritais pas vraiment. Mais j'aurais pu crier sur n'importe qui d'autre. Je... continua-t-elle avant de s'interrompre pour trouver les mots justes. Si j'ai été désagréable, ce n'est pas contre toi. Je te dois beaucoup, je sais, tu m'as sorti de la merde et tu m'as donné tout ce dont j'avais besoin, mais je n'en veux plus. Je sais que je passe pour une ingrate hypocrite qui se fout de la gueule du monde, mais c'est simplement que...  Etre ici, servir les gens, avoir un sourire fixé sur les lèvres, ce n'est pas moi. Je veux pas faire ça toute ma vie et si j'attends trop longtemps, je ne pourrais plus faire marche avant. Je veux pas rester dans ce bar, aussi cool soit-il. Je veux vivre de ma passion ! Et... Et si ça marche pas, bah tant pis je trouverais autre chose ! Mais je ne reviendrais pas bosser ici, j'ai fait mon temps ! C'était sympa que tu m'acceptes, que tu me donnes ce boulot et tu m'as permis de vivre de façon indépendante, mais maintenant je veux prendre vraiment les choses en main, tu vois ? »
           
          Elle risqua un coup d'½il dans la direction de son patron pour voir sa réaction. Elle l'avait évité, elle avait peiné à dire ce qu'elle voulait de façon cohérente et elle savait qu'un simple regard de sa part aurait pu ruiner ses efforts. Mais maintenant que le silence prenait place, c'était horrible. Elle était pathétique.
           
           « Pourquoi tu ne l'as pas dit plus tôt ? demanda-t-il finalement. Je sais que ce boulot ne te convenait pas, mais je ne pouvais pas t'offrir plus. Si tu m'avais dit que tu voulais changer, je t'aurais aidé à trouver un autre job. Tayuya, je n'irais pas jusqu'à dire que je te considère comme ma fille, mais tu es importante pour moi et je t'aiderais toujours.
-          Je... Je ne voulais pas te décevoir ou que tu penses que je profite de ce que tu m'as donné, dit-elle d'une voix un peu plus assurée. Je veux dire, je te suis redevable et je voulais rembourser ma dette.
-          Ta dette ? répéta-t-il, incrédule. Tu n'as rien à me rendre du tout Tayu ! Je t'ai pas aidé quand tu étais plus petite pour que tu me serves jusqu'à ce qu'on soit quitte. Je l'ai fait parce que tu me faisais penser à moi et j'aurais voulu simplement, à l'époque, que quelqu'un m'aide. Quand je t'ai proposé ce job après ton bac, ce n'était pas pour t'acquitter de quoique ce soit. Je savais que tu avais besoin d'argent alors je t'ai proposé ce que je pouvais te donner. Mais tu es libre de bosser où tu veux sans aucun problème.  Tu ne me dois rien du tout Tayu, tu es... Tu es comme ma petite s½ur, fit-il en se rapprochant d'elle.
-          Je... Merci. Merci pour tout Oro, merci ! Et vraiment désolée pour tout ce que je t'ai fait subir ! Oh là là j'ai l'impression de redevenir la gamine que j'étais, fit la rose alors que les larmes lui montaient aux yeux.
           
          Orochimaru la prit dans ses bras et elle se laissa aller contre lui. Elle n'éclata pas en sanglot mais quelques larmes coulèrent. Tout le poids qui pesait sur elle, la perspective qu'il la renie, qu'il ne veuille plus entendre parler d'elle ou qu'il l'oblige à continuer à bosser ici s'était envolée à son plus grand soulagement. Elle se sentait enfin mieux. Elle n'avait plus besoin d'hurler sa rage ni de pleurer sa peine, elle avait l'un de ses plus proche ami qui avait confiance en elle et qui voulait l'aider.
          
          Après l'avoir repoussé, la jeune femme sécha ses larmes et fit comme si de rien n'était. Elle aida à ranger la boutique alors que l'homme lui expliquait comment ils avaient fait, lui et les jumeaux, pour réparer ses conneries. La bonne ambiance était revenue. Et maintenant, ça serait plus simple pour le dire aux autres.
          
~.~.~
          
           « Euh... Bonjour, je... commença-t-elle maladroitement avant de tendre brusquement une pochette, tenez ce sont mes dessins au cas où ça vous intéresse ! »
           
          Elle tendit la pochette un peu plus vers l'homme face à elle et repartit comme elle était venue, les nerfs en pelote. Mais qu'est-ce qui lui avait pris de ne pas s'être présentée et de ne rien expliquer ? Le stress, c'était ça qui lui avait fait perdre ses moyens. Elle faisait un grand pas dans la vraie vie, dans l'inconnue et c'était beaucoup plus compliqué que prévu. Mais pas insurmontable.
          
          Lorsqu'elle sortit du bureau du magazine local, elle retrouva ses plus vieux amis. Elle s'approcha d'eux, la tête basse, quelque peu honteuse. Ils avaient tous les trois tenus à être présent pour leur amie afin de la suivre dans son grand changement. Malgré la peine qu'ils avaient de ne plus bosser avec elle, elle restait celle qui les avait unis et ils ne la lâcheraient jamais. Après tout, c'était bien plus que de l'amitié basique entre eux.
           
          « Alors ? Qu'est-ce qu'ils ont dit de tes dessins ? demanda Ukon.
-          Ils te prennent ? Continua Sakon.
-          Je sais pas ! J'ai balancé ma pochette et je suis partie ! s'indigna la rose.
-          Haha ! Eh ben, au moins ils connaitront ton caractère de cochon, intervint Orochimaru. Bon allez, on va boire un coup pour célébrer les premiers pas de Tayuya, proposa-t-il.
-          J'suis pas une gamine, maugréa la jeune femme. Et je serais peut-être pas prise !
-          Seul l'avenir nous le dira. »
           
          Tayuya secoua la tête désespérée avant d'afficher un fin sourire sur ses lèvres. Elle passa ses bras autour des cous de ses meilleurs amis avant de prendre en main la direction pour choisir un bar elle-même. Elle n'avait plus qu'à attendre que son rêve se réalise et si ce n'était pas dans ce magazine-là, elle irait voir ailleurs. Après tout elle avait du temps, une passion et un rêve d'avenir. Tout irait pour le mieux.
 
Fin. 
 
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'Lut,
Voici venu un nouveau OS pour deux évènements : le concours de Boo et le projet de Boo.
Pour le concours, il fallait que j'écrive une histoire sur la morale d'Alice aux Pays des Merveilles qui était " Laissez libre cours à l'imagination ! Ne pas trop se laisser enrouler dans la routine de la vie."
J'espère avoir réussi à bien suivre le thème. 
Pour ce qui est du projet il s'agissait d'écrire sur un métier ou le choix d'orientation : J'ai fait les deux !
J'espère que l'histoire vous a plu, dites-moi ce que vous en avez pensé ! 
Z'houbix
Hina

Tags : One Shot

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Comments :

  • Kerosuke

    22/11/2015

    Sasuke est vraiment trop mignon ! >w<

  • Fictions-Hina

    10/07/2014

    One-Boa-Piece wrote: "Ho trop génial ton chapitre ! Saso/Dei c'est trop mignonnnnnnnn, sérieusement j'aime bien comment tu mets en scène ce couple ^^
    Halala quelle position ! J'aime bien le placement sérieux x) et Neji qui est pas content, soit pas dégouté mon gars ;)
    Enfin bref super chapitre j'aime trop entre Sakura et Sasuke ^^
    "

    Merciiiii :D
    Tant mieux que le couple Sasori/Dei te plaise :3
    J'suis fière de moi la dessus :D
    C'est vrai que la on va moins voir Neji !
    J'suis sûre que tu adoreras le prochain :)
    #Hina
    PS: désolée pour le retard de la réponse mais je suis en vacances avec une connexion internet de m*rde

  • One-Boa-Piece

    05/07/2014

    Ho trop génial ton chapitre ! Saso/Dei c'est trop mignonnnnnnnn, sérieusement j'aime bien comment tu mets en scène ce couple ^^
    Halala quelle position ! J'aime bien le placement sérieux x) et Neji qui est pas content, soit pas dégouté mon gars ;)
    Enfin bref super chapitre j'aime trop entre Sakura et Sasuke ^^

  • Fictions-Hina

    01/07/2014

    Mumu-Repertory wrote: "Ouiiinnnn TTTTTTTTTTT-TTTTTTTTTTT (← la meuf qui pleure sans ouvrir la bouche quoi x.x)
    Tans pis au moins on aurait eu quand même du beau yaoi T-T
    -s'approche d'une manière féline-
    #UBCP
    "

    Ça y est, je te respecte ! Pleurer sans ouvrir la bouche, c'est très impressionnant :3
    Bah j'en ferais un rien que pour toi ! :D
    Ma chambre est au premier étage, la porte du fond xD
    #Hina

  • Mumu-Repertory

    01/07/2014

    Ouiiinnnn TTTTTTTTTTT-TTTTTTTTTTT (← la meuf qui pleure sans ouvrir la bouche quoi x.x)
    Tans pis au moins on aurait eu quand même du beau yaoi T-T
    -s'approche d'une manière féline-
    #UBCP

  • Fictions-Hina

    01/07/2014

    Mumu-Repertory wrote: "snif méchaaannnttteee !! -pleure à chaudes larmes-
    T'aurais pas dut arrêter !! Mais voyons qu'est-ce qui t'as prit par la tête ?!
    -se réchauffe- bon... -te regarde- à nous deux *w*
    #UBCP
    "

    Mais TTTTTTToTTTTTTT
    Bah, c'était mauvais alors j'allais pas continuer le massacre :3
    Oula qu'est-ce que tu as derrière la tête ? xD
    #Hina

  • Mumu-Repertory

    01/07/2014

    snif méchaaannnttteee !! -pleure à chaudes larmes-
    T'aurais pas dut arrêter !! Mais voyons qu'est-ce qui t'as prit par la tête ?!
    -se réchauffe- bon... -te regarde- à nous deux *w*
    #UBCP

  • Fictions-Hina

    01/07/2014

    Mumu-Repertory wrote: "mais siii !! TT.TT
    Mais c'est super simple un lemon yaoi ! :o même plus simple qu'on lemon hétéro..
    à peine ! Bon je suis devant ta porte, tu m'ouvres ? J'ai froid :{
    #U.B.C.P
    "

    Arrête sinon je vais pleurer aussi TwT
    Bah j'ai essayé une fois... Pis j'ai vite arrêté xD Peut être pour un OS j'en ferrais un ^^
    Si Si Si je t'assure xD Ouais oauis, je t'ouvre ! Viens près du chauffage pour te réchauffer :3
    #Hina

  • Mumu-Repertory

    01/07/2014

    mais siii !! TT.TT
    Mais c'est super simple un lemon yaoi ! :o même plus simple qu'on lemon hétéro..
    à peine ! Bon je suis devant ta porte, tu m'ouvres ? J'ai froid :{
    #U.B.C.P

  • Fictions-Hina

    01/07/2014

    Mumu-Repertory wrote: "mais... mais... -déprime- pourquoi pas du SasoDei ? Le yaoi c'est la chose la plus belle sur la planète terre !!! snif... m'en fous 'vais venir te violer ce soir uwu ça s'ra ta punition, nha ! *w*
    #Un bad cat pervers
    "

    Faut pas déprimer pour si peu :'( !
    J'ai déjà eu du mal à écrire un lemon hétéro correcte alors du yaoi Oo' J'y arriverais jamais xD
    Mais, mais, mais ! J'ai rien fait moi, je suis une enfant sage 0:3
    #Hi

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