OS ~ Souvenirs

 La maison de son enfance était désormais la sienne. Chaque objet avait une histoire qui lui était propre et elle avait aimé découvrir enfant. Maintenant il lui appartenait. Elle pouvait les voir et les revoir tous les jours en se souvenant de tout ce que sa grand-mère lui avait raconté. C'était un musée sentimentale, une caverne d'Ali baba, allait-elle partager ses souvenirs ? Pouvait-on se créer des souvenirs à partir de souvenirs ? Il faut croire que oui.
 
Naruto ~ Tranche de vie ~ Famille ~ Amitié ~ K+
  

    
          Une jeune femme a la courte chevelure rose s'activait dans le salon. De nombreux cartons siégés encore au milieu de la pièce, alors que la jeune femme ne cessait de faire des allers-retours pour les monter à l'étage. Elle ne s'était pas rendu compte qu'elle possédait autant d'affaires dans son petit appartement du nord de Paris.  Maintenant qu'elle se trouvait dans cette grande maison d'Ivry-sur-Seine, à l'est de Paris, elle se trouvait au plus près de l'établissement scolaire dans lequel elle travaillait. Cependant, le déménagement en plein mois de mai n'était pas la meilleure idée qu'elle n'est jamais eue. Le bazar régnait en maître dans la maison et elle ne comptait plus le nombre de cartons qu'elle avait ouvert à la recherche de tels ou tels cours qu'elle avait fait par avance et dont elle avait besoin pour enseigner.
          
          Prenant deux nouveaux cartons dans ses bras, la jeune femme commença l'ascension de l'étroit escalier en colimaçon. Elle l'avait toujours connu ce fameux escalier en fer forgé dont la peinture blanche s'écaillait de plus en plus. Elle ne l'avait jamais trouvé pratique. Petite, elle avait même peur de le descendre toute seule. Mais maintenant qu'elle habitait dans cette vieille maison, dans le souvenir de son enfance, elle le trouvait parfait.
          
          Pour dire vrai, elle aimait chaque objet, meuble et peinture de cette maison urbaine. Quand bien même la plupart des meubles datés d'un autre siècle, que les couleurs palissaient, elle se sentait bien. Et depuis peu, elle se sentait chez elle. Le sofa bleu ciel aux nombreux cousins était des plus moelleux. La télévision encastrée dans le meuble fait sur mesure en noyé avait la dimension parfaite, parmi tous les livres et autres bibelots qui occupaient les autres étages du meuble. Même la table à manger de l'autre côté de la pièce, à gauche de la porte d'entrée, ne semblait pas si grande que ça avec ses trois chaises voltaires de part et d'autre, alors qu'elle vivait seule. La cuisine, ancienne, avait été aménagée avec de nouveaux ustensiles plus fonctionnels, mais les vieux carreaux au sol et sur les murs lui donnait un charme chaleureux. Et la salle de bain du rez-de-chaussée avait gardé ses tons taupe et rose pâle malgré la douche qui avait pris la place de l'ancienne baignoire. L'ancien et le moderne se côtoyaient harmonieusement dans cette maison.
          
          Sa grand-mère avait accepté de quitter sa chère maison pour une maison de retraite dans laquelle elle serait bien mieux. Cependant, la vieille femme ne voulait pas donner l'investissement d'une vie à n'importe qui. Sa seule petite fille, ne voulant pas non plus voir partir la maison dans laquelle elle avait tant de souvenirs, avait alors racheté la maison avec ses maigres économies. Les deux femmes étaient alors toutes deux ravies.
          
          L'enseignante d'histoire n'avait alors pas voulu bouger ni la plupart des meubles, ni la plupart des objets appartenant à sa grand-mère, malgré l'acquisition de cette maison. Elle voulait que tout reste à sa place, cela avait une valeur sentimentale énorme pour elle. Bien sûr, elle avait dû faire quelques gros aménagements avec la rénovation de la cuisine pour la remettre aux normes et pour plus de praticité mais elle voulait aussi  refaire certaines peintures pour donner un petit coup de jeune. D'ailleurs, un artisan peintre s'activait à l'étage.
          
          Avec quelques efforts, elle arriva enfin en haut de l'escalier sur la grande mezzanine, qui donnait sur le salon. Elle y posa les cartons avec un soupir. Une fois la charge déposée, elle s'étira essayant de chasser les douleurs qui s'insinuaient dans ses muscles. Elle ne savait plus combien de cartons elle avait monté depuis le matin, mais au vu de la dizaine autour d'elle c'était beaucoup trop.
          
          Poussant les cartons du pied, elle se fraya un chemin vers la pièce d'où émanait des effluves puissantes de peinture. Elle resta sur le pas de la porte et admira la couleur pastel qui s'étalait sur les murs. Son regard vagabonda jusqu'à la fenêtre d'où elle pouvait apercevoir la pluie abondante battre le carreau.
           
-          « Il n'a pas arrêté de pleuvoir depuis des jours, c'est déprimant, dit le peintre. »
           
          La jeune femme tourna la tête vers l'homme qui avait parlé, légèrement surprise. Elle ne pensait pas qu'il l'avait entendu, mais elle se trompait visiblement. Le jeune homme d'une bonne vingtaine d'années était en train d'essuyer la sueur de son front avec son bras tout en observant le déluge extérieur. Elle en profita pour le détailler plus amplement.
          
          Il possédait une combinaison protectrice bleue, tachée par quelques couleurs, qu'il portait à moitié ouverte sur le devant, laissant entrevoir un tee-shirt noir ornait d'un logo blanc qu'elle n'arrivait à voir entièrement. Il avait la peau assez blanche, des cheveux teins en rouge, des yeux bleu-vert – à cette distance elle n'arrivait pas à déterminer la couleur exacte-. Il n'était pas très grand, ni très costaud. Il était dans la moyenne et plutôt joli à regarder.
           
          « Vous avez raison ! J'aimerais bien un brin de soleil pour nous rappeler que nous sommes en mai, répondit la jeune femme en reportant son regard dehors. Vous voulez boire ou manger quelque chose ?
-          Non merci, j'ai bientôt fini la première couche. Je préfère tout finir et prendre une pause après, dit-il en montrant du bout de son pinceau le tronçon de mur qu'il n'avait pas encore peint.
-          D'accord, je vous laisse finir tranquillement alors. »
           
          La jeune femme sortit de la pièce après avoir entendu un remerciement de la part du roux. Un léger sourire flotta sur les lèvres de la rose. Sourire qui s'évanouit lorsqu'elle vit la pagaille ambiante. Elle soupira, se résignant à aller chercher les derniers cartons et à mettre de l'ordre dans cette pièce au plus vite. Heureusement qu'elle n'était pas maniaque comme sa mère, sinon elle aurait fait une syncope depuis bien longtemps.
          
          Alors qu'elle s'apprêtait à redescendre chercher les derniers cartons, son téléphone sonna. Prenant l'appareil dans les mains, elle ne put qu'esquisser un sourire en voyant la photo de sa meilleure amie s'afficher. Elle se souvenait parfaitement de cette photo. Elle remontait à quelques années en arrière, lorsque les deux jeunes femmes étaient encore au lycée. Elles avaient fait une excursion en Irlande dans le cadre de leur cours d'anglais. Il avait alors visité le Trinity College et la fameuse bibliothèque qui avait inspiré J.K. Rowling pour celle dans Harry Potter. Les deux adolescentes qu'elles étaient alors avaient passé la sécurité discrètement et avaient ouvert certains livres. Sur la photo on voyait Ino qui semblait se cacher derrière un livre, un grand sourire sur les lèvres et une lueur malicieuse dans les yeux.
          
          L'enseignante décrocha. Sachant que son amie allait parler pendant pas mal de temps, sinon elle aurait simplement envoyé un message, la jeune femme aux cheveux roses slaloma entre ses cartons pour atteindre le sofa accolé à la fenêtre, seul meuble de la pièce pour le moment. Elle s'y installa confortablement tout en  écoutant Ino.
           
          « Kura ! Alala tu ne devineras jamais ce qui m'est tombé dessus tout à l'heure. Comme je te l'ai dit je devais rendre visite à mes parents aujourd'hui. Du coup ce matin, je me prépare et tout ! Et là, arrivée dans la voiture, impossible de démarrer. J'ai tout essayé je te jure ! Du coup j'appelle mes parents pour leur dire que j'arriverais en retard, puis j'appelle le dépanneur. Et là, mama mia ! Le gars arrive tranquillement. Il a la vingtaine mais un peu plus vieux que nous, cheveux longs blonds, des yeux bleus à faire frémir ! Tu vois le genre ?
-          Me dis pas que tu es tombée amoureuse encore ma petite Ino ! se moqua-t-elle gentiment.
-          Non ! Absolument pas ! Le mec il était canon ok ! Mais après il est dépanneur tu vois ? Moi je suis quand même éditrice, la différence est flagrante. Puis alors qu'il s'occupe de ma voiture j'entame la conversation, tu vois.
-          Tu le dragues en somme, l'interrompit-elle.
-          Au début oui, surtout qu'il commence à me dire qu'il est passionné d'art. Qu'il est dépanneur dans la compagnie de son père, qu'il n'a pas eu son mot à dire et blablabla. Du coup je lui demande ce qu'il aime dans l'art et quel art il aime.
-          Oui ?
-          Et il me répond la sculpture ! La première chose que j'ai pensé c'est «  Il existe encore des sculpteurs ? ». Et ensuite il commence à me dire que je suis jolie, que j'ai de belles courbes etc. Et là, le choc.
-          Il a dit que tu étais trop maigrelette ? ria Sakura.
-          Non ! s'insurgea Ino. Il m'a demandé si je voulais poser nue pour lui, qu'il ferait une sculpture magnifique avec mes traits ! Tu te rends compte ?
-          Tu as accepté ?
-          T'as cru toi ! Je le connais pas ce mec et je ne vais pas me mettre nue devant lui ! Et le gars, il a pas arrêté de me faire des propositions et tout. J'étais tellement mal à l'aise, t'imagines même pas.
-          Ah ma pauvre Ino, tu attires toujours les hommes étranges !
-          Tu veux qu'on parle de tes amours Sakura peut être ? commença narquoisement Ino.
-          Non merci, je préfère que ce soit de ta vie qu'on se moque et non de la mienne ! ria la rose.
-          Oh fait tu as fini ton déménagement ou toujours pas ?
-          J'ai mes derniers cartons à monter, puis je dois tout ranger, dit-elle en regardant le capharnaüm sur sa mezzanine.
-          Je te laisse, bon courage Kura ! Bisous ! »
           
          Après avoir salué son amie, Sakura regarda l'heure. Déjà quatorze heure vingt-sept. Elle soupira, lasse de toujours faire la même chose. Mais il ne restait plus que deux cartons à monter et elle serait presque libre. Prenant son courage à deux mains, elle se leva et se dirigea vers son escalier. Tout en descendant, elle consultait ses mails sur son portable. Sa collègue, professeur de français, Hinata lui avait envoyé son programme pour le dernier trimestre. Les deux enseignantes essayaient toujours de parler de la même chose en même temps pour éviter la confusion chez les élèves. Alors qu'elle répondait à son amie, elle atteignait le sol.
          
          Une sensation humide et froide se fit sentir sur ses pieds. Elle releva la tête et s'arrêta nette, la bouche ouverte d'étonnement et de stupeur. Elle resta hébétée quelques secondes face au spectacle insolite. La sensation sur ses pieds s'intensifia.
           
          « C'est pas vrai, murmura Sakura. »
           
          De l'eau se répandait sur le sol de son salon de plus en plus. Ses pieds étaient mouillés. Le parquet semblait ne plus pouvoir absorber l'eau qui s'infiltrait par la rainure de la porte d'entrée. La jeune femme médusée s'avança jusqu'à celle-ci et, par réflexe, l'ouvrit pour voir ce qu'il se passait dehors. Une trombe d'eau s'abattit sur ses jambes avant qu'elle n'ait eu le temps de refermer la porte. Un cri de surprise lui échappa. L'eau s'introduisait dans la maison de plus en plus, bientôt il y aurait cinq centimètres. Le déluge de ces quelques jours avait saturé le sol et maintenant l'eau stagnait sur terre, inondant les maisons.
           
          « Est-ce que ça va ? demanda la voix du peintre après avoir entendu le cri de la jeune femme. »
           
          Sakura sembla se réveiller en entendant l'homme et poussa une ribambelle de juron à la suite. Elle s'activa alors pour trouver de quoi calfeutrer la commissure de la porte et éviter que son salon ne devienne totalement une pataugeoire.
                     
          « Oh ! fit l'homme. C'est le déluge ! Vous avez besoin d'aide mademoiselle ? 
-          Euh... je... commença Sakura ne sachant plus où donner de la tête. Oh non c'est pas vrai, pas mes cartons ! Ce sont mes cours à l'intérieur ! s'exclama-t-elle ».
           
          Les deux cartons restant étaient détrempées et les feuilles qui étaient à l'intérieur devaient être dans le même état. Sakura souleva l'un des cartons pour que l'eau ne l'attaque plus mais la structure humidifiée était instable et le fond manquait de craquer sous le poids du contenu.
           
          « Vous pouvez m'aider avec ces cartons s'il vous plait, il ne faut pas qu'ils prennent l'eau d'avantage, demanda-t-elle en indiquant le deuxième. »
           
          Le peintre acquiesça, prit le deuxième carton en soutenant le fond, puis il s'approcha de la rose.
           
          « Il faut les monter c'est bien ça ? Donnez-moi le vôtre et occupez-vous plutôt de la fuite. »
           
          La jeune femme hésita mais vu l'ampleur des dégâts causé par la pluie, l'aide proposée était bonne à prendre. Elle posa son carton sur celui que tenait déjà le jeune homme et celui-ci monta. Quant à elle, elle chercha comment éviter que l'eau ne pénètre plus encore. Cependant elle n'avait jamais imaginé être inondée, ni même que c'était possible que ça lui arrive à elle. Elle se souvint que sa grand-mère lui avait parlé de la fois où elle avait été inondée. L'enseignante se souvenait que sa grand-mère lui avait raconté que ça avait été un déluge, que l'eau était monté très rapidement dans la maison, mais qu'heureusement son mari, qui voulait refaire le muret du jardin avait des sacs de sable et les avait mis devant les trous pour empêcher l'eau d'entrer. Sakura se souvint que les sacs étaient entreposés dans la cave.
           
          Elle se dirigea alors vers la porte de la cave mais à peine l'eut-elle ouverte qu'une cascade d'eau se forma sur les marches en béton. Elle entreprit de descendre mais la cave était plus inondée que le rez-de-chaussée. Elle rebroussa chemin lorsqu'elle vit qu'il y avait presque quatre-vingt centimètres d'eau et les sacs de sable devaient être inutilisables.
          
          Elle commença à désespérer lorsqu'elle vit le niveau d'eau monter encore et toujours. Elle n'avait rien pour colmater les passages où l'eau s'infiltrait. Elle ne pouvait plus que sauver les meubles, c'était le cas de le dire. Elle vérifia si aucun objet n'était à porter de l'eau auquel cas elle les déplaçait, les posait en haut des étagères priant pour que l'eau cesse de monter.
          
          « Et tous ces livres sont-ils en sécurité ici ? »
           
          Elle n'y croyait pas. Elle décida de monter la vingtaine de livres qui se trouvait là plutôt que de les voir ruiner après coup. Alors qu'elle était en train de prendre le plus de livres possible, le peintre descendait et suivit le mouvement en attrapant les derniers livres. L'eau arrivait en haut des mollets de la jeune femme lorsqu'elle se dirigea vers l'escalier. Elle vérifia une nouvelle fois que rien d'autre ne craignait d'être détruit par l'eau mais ne constata rien d'autre. La télévision, sa chaine hi-fi, les appareils électroniques de la cuisine : tous cela n'avait pas d'importance majeure.
           
          «  Il n'y a plus aucun livres en bas, du moins ceux qui étaient dans l'étagère d'où l'on vient, déclara le roux. 
-          Merci, sans vous je serais encore en train de faire des voyages. 
-          Vous avez réussi à empêcher l'eau de rentrer d'avantage ?
-          Non malheureusement. J'ai des sacs de sable à la cave mais ils sont sous l'eau, depuis longtemps à cause des soupiraux. Je pris pour que l'eau ne monte plus !
-          Je l'espère pour vous aussi. Il y a encore d'autre chose à sauver des eaux ? La télé ou d'autres choses ?
-          Non tout ce qui m'est important se trouve en haut, déclara-t-elle. Je vais prendre des serviettes pour qu'on se sèche. »
           
          Sakura se dirigea vers la salle de bain pour en sortir avec deux serviettes. Ses jambes étaient trempées, heureusement qu'elle était en robe aujourd'hui sinon son vêtement aurait été tout aussi mouillé. Elle enleva ses chaussures dans la salle de bain puis rejoignit l'homme sur la mezzanine. Elle lui offrit l'une des serviettes, s'effondra sur son canapé et entreprit de sécher ses jambes. Puis elle alla chercher d'autres chaussures dans sa chambre.
          
          « Mais quelle journée horrible ! dit-elle en lançant un coup d'½il un étage plus bas puis sur la salle pleine de carton.
-          C'est vrai qu'on a connu des jours meilleurs. J'espère que la pluie cessera rapidement.
-          Pour l'instant on est bloqué ici, désolée pour vous. Je ne peux même plus vous offrir à manger, ni à boire !
-          Haha ne vous en fait pas ce n'est pas très grave. Est-ce que je peux vous aider à faire quoi que ce soit en entendant que la pluie cesse et que la peinture sèche ? proposa le roux.
-          Eh ben, à vrai dire j'ai quelques-uns de ses cartons qui doivent être rangé au grenier si ça ne vous dérange pas ?
-          Je vous le propose ! »
           
          La rose sourit et montra les trois cartons qui devaient monter. Le jeune homme en prit deux alors que Sakura en souleva un et emboita le pas. Elle ouvrit la porte qui donnait sur un vieil escalier bois rongé par le temps. Elle entreprit l'ascension des marches raides jusqu'à la trappe qu'elle poussa avant d'entrer dans le grenier. Elle posa son carton au milieu de la pièce, suivit par le jeune homme.
          
          Cela faisait longtemps qu'elle n'était pas venue jusqu'ici. Elle adorait cet endroit pourtant. C'était bien loin de ces greniers pleins de cartons, qui n'ont jamais été aérés, qui ne servent qu'à entreposer des vieilles choses. Il s'agissait ici d'un grenier aménagé depuis des années. La charpente était lazurée, les lambris qui recouvraient les murs donnaient une impression de chalet. Dans le fond se trouvait un lit en fer forgé aux nombreux coussins. Le caractère pentu avait été utilisé à bon escient avec de nombreuses étagères qui contenaient une multitude de livres, de bibelots, d'objets ayant traversés les âges.
          
          Sous la lucarne se trouvait un vieux coffre indien en bois sur lequel se trouvait un bouquet de fleurs séchées qui datait du mariage de ses grands-parents. La lumière du jour ne rendait pas la pièce aussi chaleureuse que dans ses souvenirs : des journées d'été entier à être ici en compagnie de sa grand-mère. Sur la poutre principale un modèle réduit d'avion de chasse utilisé pendant la guerre était suspendu. Il y avait aussi accroché aux murs porteurs des affiches publicitaires de cinéma mais aussi une énorme carte avec des pays épinglés, des ficelles qui reliaient certains endroits. Ce grenier était chaleureux et vraiment merveilleux. C'était un lieu rempli de souvenirs dans tous les sens du terme.
          
          « Wow, il y a énormément de choses ici ! remarqua l'homme en tournant autour de lui pour tout observer.
-          Haha oui, mes grands parents à qui la maison appartenait aimaient garder tout ce qui leur était cher et qui les avait marqués.
-          Eh ben, ils ont du faire plein de choses dans leur vie, constata-t-il en regardant la carte du monde annotée.
-          Mon grand-père était archéologue et ma grand-mère l'a suivi dans tous ses voyages. Jusqu'à ce que mon grand-père soit blessé à la guerre et qu'il arrive ici dans cette petite maison avec tous leurs souvenirs. Ma grand-mère, quand j'étais enfant, me demandait de choisir un objet dans cette pièce et elle me racontait son histoire et je m'endormais sur ses genoux.
-          Et c'était des histoires sympathiques ? »
           
          Sakura sourit malicieusement avant de chercher des yeux de quel objet elle pourrait raconter l'histoire. Son regard tomba sur un masque indien en bois. La planche de bois sculptée et peinte, agrémentée de plumes noires, se trouvait posée au sol à côté du petit sofa. La jeune femme se dirigea vers cet artefact avant de la brandir devant le peintre. La jeune femme eut un sourire malicieux et plaça le masque devant son visage avant de faire face au peintre.
           
          « Adopi Pipa Sopa Akta ! O toi Dieu de la Mort, par cette danse et se sacrifice, je te pris de bien vouloir épargner Tenochtitlan ! s'écria-t-elle avant d'entreprendre une danse en formant un cercle en entonnant : Adopi Pipa Sopa Akta ! Adopi Pipa Sopa Akta ! O toi Dieu de la Mort, aide nous à combattre nos ennemis ! Emporte-les dans ton sillage, qu'ils rejoignent nos ancêtres et nos aieux ! Adopi Pipa Sopa Akta ! O toi Dieu de la Mort, délivre-nous de ce mal qui ronge les chairs et les os ! Libère nos êtres chers des souffrances et du malheur ! »
           
          La jeune femme retira son masque et ne put s'empêcher de rire face à la tête incrédule du peintre mais aussi de son propre comportement. Elle avait reproduit ce que sa grand-mère lui faisait. C'était son histoire préféré, celle de ce masque Aztèque. Bien sûr, au fur et à mesure que la jeune femme grandissait, sa grand-mère lui apprenait les véritables origines des objets, leurs buts, les coutumes qui leur étaient liées. C'était de ses grands-parents que Sakura tenait son gout pour l'histoire.
           
          « C'était ce genre de chose que ma grand-mère me faisait lorsque j'étais enfant, expliqua-t-elle.
-          Ça devait être super à voir ! commenta le roux avec un sourire avant d'ajouter : Et quelle est la véritable histoire de ce masque ?
-          C'est assez particulier ! Mon grand-père l'a trouvé au Machu Picchu lors de l'une de ses fouilles. Cependant, il s'agit d'un masque aztèque datant d'environ 1200 après Jesus Christ. Il a était découvert à plus de cinq milles kilomètre de l'empire Aztèque, le Mexique de nos jours. Mon grand-père pensait que lorsque les européens ont conquis l'Amérique du Nord, les anciens aztèques fidèles à leur coutume ont fuis au Sud et se sont rendu dans le temple de Machu Picchu, qui était alors ignoré des étrangers, mais aussi un temple sacré où nul ne pouvait entrer impunément, afin de vivre tranquillement de leur culture. Et c'est un masque à l'effigie du Dieu de la Mort que les aztèques portaient  pour leur cérémonie comme je viens de te faire ! Et « Adopi Pipa Sopa Akta » est une prière qui signifie en somme «  Ecoute l'appel de tes simples serviteur et répond-nous Dieu ».
-          Tout ça pour un simple masque, c'est impressionnant !
-         Un simple masque ! s'effara la rose. Ce masque est magnifique et digne d'une pièce de musée. Il vaut des millions d'euros très sincèrement. C'est un véritable masque sculpté et dont la peinture et les plumes sont encore presque intacts. C'est un véritable trésor ! s'exclama la rose, pris d'un engouement passionné.
-          Oh excusez-moi je ne voulais pas dire ça dans ce sens !
-         Haha ! Pardon, c'est moi qui m'emporte quand il s'agit d'histoire et de patrimoine. Hum... De quel autre objet pourrais-je vous parler ?
-          De cet avion ? proposa le roux en montrant la suspension.
           
          La jeune femme regarda l'avion et du bout des doigts fit tourner les hélices. Cet avion avait une histoire encore plus enrichissante que le masque et elle se fit un plaisir de la raconter :
           
          « C'est un modèle réduit du chasseur de nuit Heinkel He 219, appelé aussi Uhu. C'est un avion qui était utilisé durant la seconde guerre mondiale par les allemands principalement.il servait à intercepter et empêcher les raids des bombardiers la nuit. Un ami de mon grand-père, qu'il avait rencontré en Afrique pendant l'entre-deux guerres, lorsqu'ils étaient tous deux très jeunes, était constructeur d'avion. C'est lui qui avait mis au point le prototype de l'avion avec l'aide de mon père, lorsque tout allait encore bien. Et pendant la guerre, il était pilote dans ce genre d'avion. Lors d'un raid de mon grand-père pour saboter une cargaison allemande, il a découvert un chasseur de nuit crashé. Il est allé voir s'il ne pouvait pas récupérer deux trois choses, des explosifs, du matériel militaire, mais il est tombé sur un homme inconscient. Son ami. Il l'a sorti de là sans se faire voir et il l'a emmené dans une grotte non loin pour le soigner. Il s'en est occupé jusqu'à ce qu'il reprenne connaissance avant de reprendre le combat, les deux amis ennemis l'un à côté de l'autre. Et ils s'en étaient sortis tous les deux, et l'ami de mon grand-père était retourné en France après ça en ramenant quelques souvenirs de sa maison détruite par la guerre dont cet avion !
-          Wow c'est incroyable comme histoire ! La probabilité qu'ils se retrouvent tous les deux c'est... Top ! ne put que dire le roux.
-          Haha oui c'est vrai c'était incroyable ! C'est comme un peu pour ce chapeau d'aventurier, dit-elle en le prenant et le mettant sur sa tête. C'était à mon grand-père lorsqu'il visitait la forêt Amazonienne. Il avait réussi à le faire tomber pendant son safari. Ma grand-mère lui en avait voulu, elle lui avait dit de retourner le chercher immédiatement parce qu'il avait couté assez cher quand même et parce qu'il n'en avait qu'un seul pour tout le voyage. Le lendemain, ils étaient partis à deux à la recherche du chapeau. Il y avait passé la journée entre les lianes, à faire attention aux animaux sauvages. Et finalement ils ont retrouvés le chapeau sur la tête d'un aborigène qui les a accueillis avec joie dans leur tribu. Ils avaient passé le reste de leur vacance à parcourir la forêt avec les natifs de la forêt.
-          Ceux sont eux ? demanda-t-il en montrant une photo accrochée sur la carte. Et toutes ses punaises indiquent les endroits où ils sont allés c'est ça ?
-          Oui c'est ça ! Les punaises correspondent à chaque endroit où ils sont allés. C'est pour ça que sur certains pays il y en a plusieurs ! Comme L'Egypte ! C'est le pays qu'ils aimaient le plus.
-          Vraiment ? L'Egypte est vraiment magnifique ! J'y suis originaire. Mon père m'a raconté lui aussi beaucoup d'histoire de son pays et il a quelques objets d'Egypte dans notre maison familiale. Mais il y a beaucoup moins de chose que dans cette caverne d'Ali Baba ! »
          
          Les deux jeunes adultes continuèrent de parler des histoires qui ont bercé leur enfance et des voyages qu'ils ont fait. La jeune femme lui raconta l'histoire de divers objets qui lui étaient chers et le roux écoutait attentivement. Assis au milieu du grenier, entouré d'objets dignes des musées, les deux inconnus apprenaient à se connaitre sans s'en rendre compte. Ils n'avaient pas vu le temps filé, tant leur conversation était prenante. Ils furent cependant interrompus lorsqu'ils entendirent une voix robotisée par un mégaphone.
          
-          « Y-a-t-il encore des habitants ? Nous évacuons les lieux ! »
           
          Sakura ouvrit le velux et passa la tête par la fenêtre pour voir un canot de sauvetage voguer sur la rue. L'eau avait investi les routes plus qu'elle ne l'aurait cru. Elle héla les navigateurs avant de leur dire qu'ils étaient deux encore dans cette maison. Après quelques directives, Sakura descendit avec le peintre à l'étage d'en dessus. Elle fit rapidement un sac avec quelques affaires et ils sortirent tous deux par la fenêtre de la chambre fraichement peinte.
          
          Ils furent amenés dans un centre de réfugiés à quelques kilomètres sur les hauteurs de la ville. Ils se retrouvèrent parmi des dizaines de personnes qui attendaient péniblement : quelques parents essayaient de divertir leurs enfants et d'autres étaient aux téléphones appelant surement leur proche.
          
          Les deux jeunes adultes durent remplir des formulaires, répondre à quelques questions avant de disposer de l'endroit. Après avoir appelé ses parents pour qu'ils viennent la chercher, Sakura se retourna vers le roux, seul personne connu dans cette foule de visages sans noms, avec qui elle attendit leur proche en continuant de discuter.
          
          « Sakura ma chérie tu es là ! s'exclama sa mère. »
           
          La jeune femme se tourna vers ses parents surprise. Elle ne pensait pas qu'ils arriveraient si vite ou alors elle avait été prise dans sa discutions avec le peintre et n'avait pas vu le temps filer. Sa mère la serra dans ses bras et s'assura qu'elle n'avait rien. Une vraie mère poule. Elle lui sourit avant de reporter son attention sur l'homme aux cheveux rouges.
           
          « Vous voulez qu'on vous ramène ? demanda-t-elle.
-          Non vous en faites pas, ma s½ur ne devrait pas tarder à arriver.
-          En tout cas merci pour la peinture et pour la compagnie, sourit le rose.
-          Tout le plaisir était pour moi, appelez-moi lorsque l'eau sera partie pour finir la peinture.
-          Aucun problème, merci encore. »
   
          La rose allait rejoindre ses parents lorsque le roux l'interpela.
 
          «  Oh fait, je m'appelle Gaara !
-          Moi c'est Sakura. »
           
          Le roux lui sourit avant de lui faire un signe de la main comme salutation. Elle se retourna alors avec un petit sourire. Sa maison était inondée, elle ne pourrait surement pas là réintégrer avant quelques temps, elle n'avait que le strict minimum d'affaires, mais pourtant ce n'était pas un mauvais jour. Elle avait ressassé les souvenirs du passée avec joie et s'était fait un nouvel ami.
 
Fin. 
  
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'Lut,
Voici un petit One Shot qui aurait du voir le jour beaucoup plus tôt !
Il est censé commémoré les inondations de mai 2015 mais je ne l'ai écrit que début 2017 ( manque de temps).
Il n'était pas censé être comme ça au début et la fin n'est pas terrible je trouve.
Mais je dois avouer n'avoir aucun courage pour le recommencer vu le nombres de modifications que j'ai déjà fait.
Bref j'ai besoin de votre avis pour savoir comment qualifier cet écrit.
Avez-vous aimé ? Qu'est-ce qui devrez être améliorer ?
Merci d'avoir lu jusqu'ici en tout cas ♥
Z"houbix
Hina 

Tags : One Shot

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Comments :

  • KonohaReading

    03/07/2017

    Tu as également reçu un avis ici : http://konohareading.skyrock.com/3294125658-FEUILLE-91.html

  • xSak

    14/05/2017

    J'aaaadore.
    Ce n'est peut-être pas une histoire d'amour, mais cette histoire est très bien écrite. J'aime beaucoup voir Sakura adulte, se remémorant les souvenirs qu'elle avait en étant enfant. J'aurais aimé un peu plus de Sakura/Gaara (en amitié, of course) mais la je chipotes ! Très bel OS :D

  • KonohaxLove

    13/04/2016

    Haha tu veux rejoindre le club de "je rage contre la putain d'inspiration d'Hina" y'a déjà plusieurs adhérent xD
    ____
    Oh oui avec joie ! xD

  • KonohaxLove

    13/04/2016

    Haha je vois moi ça va x)
    ___
    LA CHANCE

  • KonohaxLove

    13/04/2016

    Moi ça vient toit seul, faut juste que j'arrive à commencer xDD
    ____
    La même mais le problème c'est que commencer je mets 3 ans mdr

  • KonohaxLove

    13/04/2016

    Ca m'arrive parfois de sécher mais seulement pour des petits détails xD
    ____
    Tu me dégoutes mdr J'ai toutes les idées mais syndrome de la page blanche. Impossible de trouver les bonnes phrases.

  • KonohaxLove

    13/04/2016

    XDDDDD Ca suscite souvent ce genre de réaction effectivement xD
    Euh je ne peux répondre à la premièer question xD Pour ce qui est de la deuxième je n'ai que 14 heures de cours par semaine donc du temps j'en ai à revendre et pour la troisième l'inspiration ne me lâche jamais genre vraiment jamais je dois à chaque fois faire un choix horrible pour savoir ce que j'écris réellement xD Je n'écris qu'un quart de tout ce qui me passe par là tête et je ne publie qu'un tiers de tout ce que j'écris xD
    ______
    Pouaaaah ! Moi aussi je veux être comme ça ! Il ne me reste qu'un chapitre à écrire pour ma fiction et je sèche.

  • KonohaxLove

    13/04/2016

    J'suis prolifique niveau écrit tout court xD J'ai une dizaine de ficlet en attente d'être postés, j'suis en train d'écrire quatre OS et je suis à une dizaine de FF en même temps xD
    _____
    OH MON DIEU !!!!!!!!!!!!!!!
    Comment ? Où tu trouves le temps et l'inspiration ? :O

  • KonohaxLove

    13/04/2016

    Faut dire j'ai tellement d'OS tout court xDD
    __
    C'est vrai mdr t'es prolifique niveau OS x)

  • KonohaxLove

    13/04/2016

    Haha ouais xD
    ___
    Faut dire t'as tellement d'OS répertorié là haut que c'était inévitable mdr

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