Fictions-Hina

Le voyage d'Hina~★

    Perdue dans le monde d'Orinam ! Mes Time Line avancent et bientôt je pourrais écrire Nox *o* Tellement Hâte (07/07/2018 at 2:23 PM)

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Itachi Uchiwa~★ 02/07/2015







 
Frère aimant, Shinobi d'exception, Héros sans renommé, Mort pour la vie. 
    
       
  "Désolé petit frère, il n'y aura pas de prochaine fois " 
  
Marié avec Sakura ~
  
  {938 HP + 5}
  
10= un Heavy Pounto

Chapitre 20 ~ Du côté des Reboots 13/02/2015

 
   
         Un fin sourire barré le visage impassible de Lord. Tout se déroulait selon son plan et dans moins deux jours, il aurait le président de la plus grande puissance du monde sous sa coupe. Son sourire se mua en rire, sordide et sardonique. Il était si près du but qu'il n'arrivait plus à se contrôler.
         
         Seul dans son bureau, il reprit peu à peu la maîtrise de ses émotions. Il avait encore pas mal de chose à préparer pour cet entrevu au sommet. Mais il savait que tout serait parfait. Tout était parfait à vrai dire. Enfin pas tout à fait...
         
         La fuite et la mort malheureuse de Rose le peinait quelque peu. La jeune femme était un atout majeur pour lui, elle aurait fait une espionne incroyable. Il avait des projets pour elle, de grands projets. Il lui aurait fait découvrir le monde et les petits secrets des Etats qui étaient encore contre lui. Il l'aurait introduite dans les hautes sphères des gouvernements et elle n'aurait eu qu'à laisser traîner ses yeux merveilleux. Il aurait alors pu manipuler sans aucun problème les chefs d'Etat et le monde aurait été à lui pour toujours.
         
         Il aurait fait la fierté de son grand-père. Shadow lui avait montré le chemin, il l'avait guidé, l'avait mis sur la piste. Il ne faisait que suivre les ordres à la lettre et n'avait essuyé aucun échec pour l'instant. Tout se déroulait à merveille. Tant pis pour Rose, il avait réussi à gagner Smart qui lui était tout aussi utile.
Ce jeune garçon avait été tellement simple à embobiner, se souvint-il , et depuis il le servait comme personne. Il était docile au contraire de sa supérieure. Et avoir des soldats obéissants étaient la première étape dans la préparation d'une guerre. D'ailleurs en parlant de soldat, Lead toquait à la porte.
         
           « Entre, déclara Lord.
-          Chef, tous les préparatifs ont été finalisés avec l'aide de Smart, fit-il comme rapport. Le gamin semble sûr que rien ne pourra arriver.
-          Parfait, parfait. Nous partirons demain matin pour Miami. D'ici là je veux que tu aies fini l'entrainement A47. Il ne reste plus que trois épreuves n'est-ce pas ?
-          Exact.
-          Combien de survivants ?
-          Quatre sur neuf en comptant Smart évidemment.
-          C'est plus que je ne le pensais... fit Lord plus pour lui-même. Qui reste-t-il ?
-          La médecin Doc, l'ex coach sportif Gray et le gringalet Glad.
-          Je n'aurais pas parié sur eux. Fini leur formation, il faut qu'ils soient près pour la grande bataille. En espérant qu'ils survivent jusque-là tous les quatre. Et envoie-moi Smart s'il te plait. »
          
         Lead s'inclina en signe de respect et sortit du bureau. Assis confortablement dans son grand fauteuil noir, Lord réfléchissait à la suite des opérations. S'il n'y avait que quatre survivants dans les nouveau-nés il ne serait qu'une armée de trente-quatre soldats. De plus, il espérait que Shark soit complètement rétablit sinon il perdait un membre précieux et puissant.
         
         Rose avait réussi son petit effet en partant. Tenir tête à deux généraux en même temps et réussir à en maltraiter un de la sorte. L'homme bleu en plus d'avoir la jambe cassée et le bras démis de son épaule avait eu la moitié de ses côtes brisées. Cela n'aurait pas été plus que gênant si celles-ci ne lui avaient pas perforé le poumon droit. Depuis lors, cela faisait une semaine qu'il était aux mains des scientifiques entre la vie et la mort. Il ne doutait pas que ses médecins arriveraient à le sauver, mais le tout c'était de savoir combien de temps ça prendrait...
         
         Décidément perdre un élément aussi prometteur et aussi douée qu'était Rose lui causait un sérieux problème. Il aurait dû tuer l'aveugle plus tôt. S'il l'avait fait, elle aurait été véritablement brisée. Et les êtres brisées font les meilleurs adeptes tout le monde le sait bien. Il avait mal joué... Il avait perdu son précieux fou à cause d'un pion stupide... Mais il allait tout de même gagner.
         
         Les choses avaient commencé à bouger bien avant que Rose ne naisse et n'arrive parmi eux. Ce plan pour contrôler le monde avait plus de cent ans aujourd'hui. Alors, quand bien même des grains de poussières pouvaient gêner le fonctionnement de la machine, il suffisait de les balayer d'un coup.
         
         Un coup à la porte le fit sortir de ses pensées. Il permit l'accès à son bureau et afficha un léger sourire en voyant arrivé Smart. C'était un gringalet pas bien épais, un jeune adolescent pas même majeur, un gars lambda avec des cheveux bruns et des yeux marron. Rien ne laissait penser qu'il était la nouvelle pièce maîtresse du jeu. Et pourtant, c'était lui qui établissait les nouvelles stratégies pour la bonne cause.
         
           « Vous m'avez fait appeler, constata-t-il.
-          Effectivement, Lead m'a dit que tu avais fini notre plan d'action pour demain, à Miami.
-          En effet. Rien de plus simple à vrai dire. L'hôtel prend déjà ses précautions avec le président, il fallait juste agencer les choses pour qu'elle soit à notre avantage aussi. De plus j'ai réussi à m'introduire dans le système de sécurité, les caméras seront désactivées sans aucun problème je vous en fais la promesse, expliqua Smart. Vous parlerez sans être écouté ni vu avec le président, pendant que la passation de l'antidote se fera à quelques rues de là, dans une zone commerciale. Notre véhicule et celui des Etats Unis seront des camions blindés déguisé en camion de dépôt. J'ai vérifié les trajets des deux transporteurs, l'identité de l'homme de main du président et les camions eux-mêmes. Tout se passera sans aucun souci. Vous repartirez aussi simplement que vous êtes venus.
-          Comment puis-je te remercier de ce bon travail ? fit Lord avec des accents sincères.
-          Rien, ne vous en faites pas, déclina Smart. Je resterais ici pour tout surveiller, au cas où.
-          Au cas où ? souleva Lord.
-          Sait-on jamais, peut être que le président est méfiant envers vous et pourrait vouloir contrôler les caméras par exemple ou que sais-je.
-          Je vois, je vois. Bien tu peux aller finir l'entrainement A47 alors. »
          
         Smart ne répondit rien, se contentant de sortir de la salle. Pendant quelques instants sa conscience le tirailla. Aurait-il dû le dire ? Hum... Non, non, ça n'en valait pas la peine. Ce Solitaire n'était personne. En plus s'il devait parler de ce hacker, il devrait avouer ne pas avoir obéis à tous les ordres.
         
         Alors qu'il faisait des recherches sur les Reboots eux-mêmes pour comprendre le lien entre eux tous, il avait remarqué une présence malveillante dans le serveur. Il avait alors remonté la trace jusqu'à un pare feu fait maison. Il avait mis du temps à le craquer et son adversaire avait repéré sa présence aussi. Il put néanmoins télécharger quelques informations avant que le serveur ne soit éteint.
         
         Il n'avait trouvé que des choses inutiles à vrai dire : une maison alimentée par Universal Studio, un plan d'une base militaire d'il ne savait où et une identité : Solitaire. Il avait essayé depuis de se reconnecter plusieurs fois pour récupérer l'adresse IP mais impossible jusqu'à présent. Il s'était donc concentrer sur sa mission première à savoir trouver le facteur commun entre tous les Reboots. Sans succès jusque-là.
         
         Il aurait bien voulu continuer à se confronter à son ordinateur mais il y avait cette stupide formation. Il avait déjà passé avec succès les dix-huit premières épreuves. Entre les épreuves mentales, celles sur leur connaissance, celles  de force, vitesse, rapidité, il n'en pouvait plus de cette formalité. A quoi bon s'entrainer alors que notre force dépasse la moyenne ? Mais plus vite il irait, plus vite il pourrait en sortir.
         
         Il se retrouva dans la salle polyvalente cinq qu'il avait déjà côtoyé pour les épreuves neuf, quatorze et seize. C'était une simple pièce dont la porte changeait toutes les deux minutes de place. Il n'y avait rien d'autres que cette porte mouvante. Les panneaux coulissaient pour s'ouvrir et se fermer au bon grès d'un algorithme qu'il avait déjà réussi à comprendre. Ca le blasa encore plus.
         
          « Aujourd'hui, vous serez deux contre deux, commença Lead. C'est votre classement qui a  formé les binômes, je me fiche pas mal que vous ne vous aimiez pas. »
          
         Rose lui manquait. Lead était tellement rigide, monotone et sans émotion. Certes Rose n'avait pas été tendre avec eux au début, mais elle avait une façon plus rassurante d'être méchante. Disons que Smart lui connaissait de doux côtés alors que Lead n'avait en tête que les ordres et son statut. Il ne pouvait s'empêcher de les rabaisser, de les traiter en gamins simplement.
          
          « Smart et Doc contre Gray et Glad.
-          C'est injuste ! s'exclama Glad. Les deux meilleurs contre nous, autant nous buter tout de suite.
-          Ça ne me poserait pas de problème, répliqua sèchement Lead ce qui fit déglutir le jeune homme. Vous avez le droit de choisir toutes les armes que vous voulez. Le but est de s'en sortir vivants à deux. S'il en manque un, vous perdez. »
          
         Les trois nouveaux nés se précipitèrent vers les armes pour choisir les meilleures. Doc se munit d'une simple épée assez courte en acier et au tranchant aiguisé. Glad lui s'était emparé d'une faux massive, de trois quatre poignards et d'un sabre. Gray lui avait opté pour un fléau et une épée. Smart les regarda se ruer sur leur bout de métal avec dédain.
         
         Ils n'avaient pas compris que les armes ne servaient à rien dans cette salle ? Le but s'était de sortir, pas de se battre comme des gladiateurs. Il soupira en s'avançant à son tour vers l'étale de bric à brac. Il se munit d'un arc et d'un carquois, d'un filet de pêche et de cordes. Doc roula des yeux en voyant son attirail.
         
          « Bien, ça commence ! fit Lead en ouvrant la première trappe. »
          
         Ils se ruèrent dedans comme des fous. Glad ne perdit pas de temps pour abattre sa faux sur Doc alors que Gray faisait tourner son fléau pour la frapper. Smart n'y fit pas attention. Il avait vu l'évolution de sa coéquipière : elle n'était plus la médecin qui avait contredit Rose mais une soldat d'un niveau tout autre. Il se contenta donc de bander son arc et de le pointer vers le coin en haut à gauche.
         
         Il lâcha la flèche alors que le panneau coulissait pour ouvrir la porte. Il se figea avec la flèche et ne bougea plus. Tant que la flèche resterait à cette place, aucun autre panneau ne s'ouvrirait. Il n'y avait donc plus qu'une seule sortie.
         
         Alors que Doc avait réussi à faire lâcher prise à Glad sa faux et que celui-ci sortait son épée, elle lui fonça dessus à toute vitesse. Il s'écroula contre le mur près de Smart. Le jeune homme ne réfléchit pas plus avant de le ligoter de sa corde. Doc se tourna vers Gray pour l'abattre à son tour.
         
         Smart accrocha alors son filet à deux flèches qu'il tira en même temps. Elles traversèrent la porte ouverte et se planta dans le bois du deuxième plafond. Le filet servait maintenant  pour atteindre la porte sans aucun souci, malgré les trois mètres qui séparaient le plafond du sol. Il commença l'ascension sans se faire prier.
         
         Alors qu'il arrivait à la porte, il sentit un autre poids sur son échelle de fortune. Il tourna la tête afin de voir de qui il s'agissait. Si ça avait été Glad, il n'aurait eu qu'à l'attendre en haut pour le faire tomber mais il s'agissait de Doc qui gravissait déjà les quelques mètres qui la séparait de la sortie.
         
         Le regard de Smart se tourna vers leur adversaire : Glad se débattait encore avec les cordes alors que Gray était allongé sur le sol dans une mare rouge. Doc l'avait tué de sang-froid. Cela glaça le sang du jeune homme. Ok, ce n'était pas le premier mort qu'il côtoyait, ils avaient perdu cinq des leurs depuis le début de ce merdier, mais de savoir qu'une ex-médecin qui voulait avant tout sauver des vies pouvait les prendre sans rechigner... C'était malfaisant.
         
          « C'était bien joué l'idée du filet, fit-elle en sortant.
-          Hum.
-          Sans moi tu n'aurais réussi à rien, ne l'oublie pas pour la prochaine épreuve. »
         
         Il leva les yeux au ciel. La prochaine épreuve ne serait sans doute pas une épreuve en équipe, ni même en face à face alors il ne pourrait pas lui « rendre la pareil ». En plus, il n'avait pas à le faire. Son plan était parfait et il n'avait eu besoin de personne pour le réaliser. Il aurait certes mis plus de temps, mais ça n'aurait pas été très grave.
         
         Lead les félicita platement et sortit pour faire son rapport à Lord. C'était aussi simple que ça. Comme si cette épreuve n'avait été qu'une partie de rigolade. Elle n'avait même pas duré quinze minutes. Etaient-ils devenus trop fort ? Ou bien le niveau n'était pas celui qu'on croyait ? Ni l'un ni l'autre, l'épreuve avait été ratée à vrai dire. Et Smart en était bien conscient.
         
         Le but était d'établir un travail d'équipe, de souder les liens, de mettre en place une stratégie combinant les qualités de chacun pour un meilleur résultat. Mais ça avait été expéditif. Parce que Lead voulait faire son rapport en bonne et due forme. Parce que Doc s'en fichait pas mal du moment qu'elle faisait la suite. Parce que les deux autres n'avaient pas su réfléchir véritablement. Parce que Smart lui-même voulait en finir le plus vite. Un franc succès...
         
         Mais il n'y fit pas plus attention, retournant dans son bureau personnel où l'attendait ses recherches en cours. Officiellement il travaillait sur la mise en place de la nouvelle distribution des rôles lors de l'attaque finale si elle avait lieu. Mais il avait fini sa tâche depuis bien longtemps.
         
         Alors qu'il s'installait à son ordinateur, un élément le fit tiquer. C'était trop gros pour ne pas le voir : un fichier télécharger par un autre serveur. Il cliqua dessus et se retrouva à devoir craquer la clé de codage pour décoder le message. Il mit plus d'une heure pour atteindre le message pourtant court :
         
« Ne t'es-tu jamais demandé ce qu'il se cachait sous ce jolie mot : Institut ? Mignon à souhait, surtout lorsqu'on sait ce qu'il cache vraiment. Tu connais sans doute Azo. Oza est bien plus redoutable. Mais il est peut-être trop tard maintenant... Oui bien trop tard ! C'est dommage... Dommage de mourir sans savoir, d'ignorer les choses, d'être un hacker de génie mais de ne pas avoir réussi à trouver la faille... Enfin, ça ne me regarde pas. Je ne suis personne. A vrai dire, on m'appelle Solitaire ! Ça te dit quelque chose : Shikamaru Nara ? »
         
         Il resta muet quelques minutes, relisant encore et encore ce message. C'était ce fameux Solitaire... Mais comment connaissait-il son identité ? Pire il avait eu vent de l'institut, et de Azo ? Mais... pourquoi le qualifier de redoutable ? Qu'est-ce qu'était Oza ? La faille ? Quelle faille ?
         
         Ce message le laissa des plus perplexe et ralluma en lui la curiosité qu'il nourrissait pour tout et n'importe quoi. Il allait se lancer dans de nouvelles recherches lorsqu'il vit l'heure. Le repas du soir avait sonné et s'il n'était pas là, Lead viendrait le chercher. Il s'était déjà fait surprendre dans ses recherches une première fois, il ne ferait pas la même erreur.
         
         Alors qu'il éteignit son ordinateur après avoir supprimé définitivement le message de Solitaire, il se fit la promesse de rechercher ce qu'était Oza. Et pour cela il devrait allait dans les laboratoires... Heureusement que demain Lord et Lead ne seraient pas là. Un fin sourire se dessina sur son visage bien malgré lui. 
           
A suivre...
             
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'Lut,
J'avous j'avoue, je n'ai pas été très gentille en faisant ça !
Avec le dernier chapitre, vous vous attendiez surement à voir le fameux rendez-vous entre Lord et Trump
Mais il fallait bien qu'on se souvienne de nos chers Reboots, qui eux aussi prépare cette rencontre.
Et il faut l'avoeur, revoir notre petit Smart est assez cool haha !
Vous voyez aussi une partie de la fin de l'entrainement A47 avec seulement trois survivants sur neuf !
Mais le plus important c'est la réaction de Smart face au message des Renaissants !
Qu'en avez-vous pensé ? 
Promis dans le prochain chapitre, on reprend là où nous en étions arrivé la dernière fois  ~
Z'houbix
Hina

Tags : Start. Stop. Reset. Re-Start.

Chapitre 21 ~ Le Rendez-vous 05/10/2014


 
         Raven venait d'arriver avec le président à l'arrière de l'hôtel Mandarin Oriental, un magnifique monument blanc tout en formes rectangulaires et en fenêtres. La devanture blanche était aussi belle des deux côtés de la bâtisse. A quelques pas, la mer turquoise ondoyait gentiment.
         
         Il sortit de la limousine et laissa l'homme politique aux mains de son chauffeur pour se rendre vers la porte de l'arrière-cour. Alors qu'il allait toquer, un homme aux longs cheveux blonds attachés en une queue de cheval strict et habillé d'un costard-cravate avec veston ouvrit la porte. Aucun signe d'un quelconque sourire ne flottait sur le visage de Blast : il était Simon Ferrat, maître d'hôtel d'un prestigieux établissement.  
         
          « Bonjour, fit-il en s'inclinant légèrement.
-          Les caméras sont-elles hors d'usages ? demanda Raven.
-          Oui comme prévu, monsieur, répliqua Blast.
-          Bien. »
         
         Le président arriva à leur hauteur et Blast s'effaça pour le laisser passer. Raven suivit le mouvement mais attrapa furtivement la main de son ami pour lui remettre un bout de papier. Le blond fit comme si de rien n'était et les conduisit au niveau des ascenseurs. Ils se dirigèrent dans un grand hall au parquet lustré à la perfection avec des murs parme dans lequel se trouvait un énorme comptoir en bois clair qui longeait la quasi-totalité du mur à droite des doubles portes de l'entrée principal.
         
         De l'autre côté se trouvait un petit coin cosy avec de nombreux fauteuils de cuir blanc, sable ou top avec une petite bibliothèque et des tables en verre. A côté des murs où se trouvaient les portes d'ascenseur, une large entrée sculpté dans le mur mené à une salle à la moquette rouge sombre et aux murs top et chocolat qui servait de bar à l'hôtel. Une autre salle se trouvait sur la droite du bar servait de salle de service où l'on pouvait apercevoir du personnel mettre les tables pour le repas du midi.
         
         Fray arriva par l'entrée principale avant de passer à côté d'eux, qui attendaient que l'ascenseur n'arrive. Vêtue d'une robe noire en dentelle, elle ne ressemblait absolument plus à la soldate qu'elle était. Elle avait laissé ses cheveux détachés, s'était légèrement maquillée et portait des hauts talons. Elle afficha un sourire vermeil charmeur en les accostant.
         
          « Enchantée, messieurs, dit-elle d'une voix claire et chaleureuse.
-          Mademoiselle, fit Blast très respectueusement. »
          
         Raven jeta un coup d'½il au président pour voir si la brune lui avait fait de l'effet. Il ne pouvait s'empêcher de la reluquer sans gêne, un fin sourire satisfait sur les lèvres. Raven eut envie de vomir. Tout comme Blast. Mais ils devaient restés concentrés sur leur mission et ne pouvaient pas laisser leurs sentiments et leur moral prendre le pas sur le reste. Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent alors laissant Rose en sortir.
         
         Elle aussi était sur son trente et un avec une légère robe vert pomme qui laissait la moitié de ses jambes et ses bras nus. Elle avait sous le bras une veste en daim clair et une pochette rose pâle. Perchée sur des talons hauts elle aussi, elle dépassait maintenant Raven de quelques petits centimètres. Elle leur offrit un demi-sourire gênée tout en sortant de l'ascenseur.
          
          « Oh pardonnez-moi, dit-elle d'une voix douce qu'aucun des Renaissants ni même des Reboots n'avaient encore entendu de sa part. Je ne voulais pas... euh vous embêtez ?!
-          Ce n'est rien mademoiselle, l'ascenseur est à tout le monde voyons, répondit le président avant que Blast n'ait pu en placer une.
-          Merci, rougit-elle. Peut-être nous recroiserons-nous dans l'ascenseur alors. »
 
         Et elle partit avec allégresse alors que les trois hommes prenaient enfin place dans l'ascenseur. Le timing avait été parfait. Solitaire en serait content lorsqu'il l'apprendrait. Ils arrivèrent alors au dernier étage, celui de la suite royale.
         
         Le couloir lui-même était luxueux avec son parquet finement lustré, les moulures blanches au plafond, et les tableaux de grands peintres réputés qui couvraient ses murs de manière régulière entre les appliques blanches et noires aux formes baroques. Ils se dirigèrent vers la seule et unique porte à double battant, peinte en blanche, qui se trouvait sur leur droite.
         
         Blast passa la carte magnétique et un cliquetis se fit entendre. Il ouvrit la porte par laquelle s'engouffra le président sans attendre. Le blond donna alors la carte magnétique à Raven qui la rangea dans la poche intérieure de sa veste avant de s'engouffrer à la suite de son client.
         
         Le hall semblable au couloir par sa teinte et ses décorations s'ouvrait sur un salon aux couleurs parme et violine. Il y avait un sofa blanc entouré de deux fauteuils voltaires de la même couleur. Les assises entouraient une table basse en verre montait sur des pieds en bois blanc. Sur un pan du mur s'élevait une bibliothèque constituée de livres et de bibelots en tout genre. Enfin, entre les deux grandes fenêtres et la baie vitrée qui menait au balcon se tenait un immense tableau de Picasso.
         
         Sur le mur d'en face était entrouverte une porte à double battant. Raven pu apercevoir un lit double aux draps beige posait sur une moquette bleuté soyeuse et moelleuse semblait-il. Il n'y fit pas plus attention à vrai dire, ce n'était pas son propos. Le président s'était déjà installé sur le grand fauteuil et tenait son téléphone contre son oreille.
         
         Raven n'en fit pas plus cas et s'aventura dans le hall où il passerait le plus clair de son temps. Il tendit l'oreille quelques minutes afin de voir s'il pouvait entendre la conversation et c'était bien le cas. Le président ne s'en cachait pas et tout lui parvenait. Il espérait que c'en serait de même lorsque Lord serait présent. Mais il émettait un doute là-dessus.
         
         La petite pièce vide de meuble desservait une autre salle que Raven prit la peine d'observer. Il entra alors dans une salle de bain tout de gris clair et bleu ciel carrelée, avec deux grandes vasques crème posées à même le meuble en bois brute. Sur la droite s'étendait une baignoire à l'ancienne immaculée alors que de l'autre côté du mur se dressait une fière douche à l'italienne. Sur la droite de la porte se tenait un paravent beige et bleu qui donnait une intimité de plus au toilette.
         
         Raven sortit de la salle sans plus s'y intéresser alors que quelqu'un venait de toquer à la porte. Le brun jeta un coup d'½il vers le président qui ne semblait pas avoir entendu puis ouvrit la porte, prêt à n'importe quel invité surprise. Il fut rassuré en voyant son collègue George Seth. Celui-ci se présenta une nouvelle fois au président et fit le tour du propriétaire avant de venir s'adosser à l'un des murs du hall, en face de la grande porte.
         
         Aucun des gardes du corps ne se parlèrent. Seule la voix du président résonnait dans la suite, ce qui ne gênait pas le moins du monde Raven. La discussion n'était pas son fort, surtout qu'il était en mission, enfin en double mission. Le temps sembla alors long dans ce silence et sans aucune activité. Puis, on toqua à la porte.
         
         Raven prit les devant et ouvrit. Il remarqua alors un homme seul. Il lui donnait une trentaine d'années, tout au plus une quarantaine. Il avait de courts cheveux noirs, des yeux impassibles de la même couleur et pas un poil sur le visage. Sa peau lisse et blanche semblait de porcelaine et c'est que qui empêchait le Renaissant de connaitre l'âge de celui qu'il avait en face de lui. L'homme en question se tenait bien droit devant la porte. Il portait un costume noir standard pour se présenter devant l'homme le plus important du pays.
         
          « Bonjour, messieurs, fit-il d'une voix sans ton, je suis Lord. J'ai rendez-vous avec le président. »
         
         Raven en resta surpris quelques instants. Lord était censé être un homme d'une cinquantaine d'années et il se serait surement déplacé avec une escorte lui aussi. Pourtant il y avait cet homme assez jeune encore et bien seul face à lui... Etait-ce vraiment lui ? Solitaire avait-il paré à l'éventualité que le véritable Lord ne se présente pas ?
         
~.~.~
         
         Le rendez-vous était fini depuis plus d'une heure maintenant. Après avoir mangé un succulent repas dans sa suite, le président avait voulu se dégourdir les jambes dans le reste de l'hôtel. Alors que le militaire Seth essayait de l'en empêcher, Raven intervint en la faveur du président. Pour le reste de la mission des Renaissants, l'homme d'Etat devait descendre et croiser de nouveau Rose et Fray.
         
         Après moult précautions, le politicien put sortir de sa chambre et se rendre au rez-de-chaussée. Il se dirigea vers le bar qu'il avait observé quelques heures plus tôt et alla jusqu'au comptoir. Il commanda un scotch et s'accouda au bar alors que Raven restait dans l'ombre  avec un visuel sur toute la salle.
         
         Le brun tomba rapidement sur les deux femmes qu'il recherchait. Rose ne passait vraiment pas inaperçue et c'était, pour une fois, une bonne chose. Trump ne risquait pas de la louper. Assises dans un canapé lie-de-vin près d'une table basse au plateau de marbre où se trouvaient leurs verres, les deux jeunes femmes ne cessaient de se parler et de laisser échapper des petits rires cristallins.
         
         Dans la salle, il devait y avoir à peine une dizaine de personne à cette heure de la journée et tous avaient les yeux rivés sur les Reboots. Le tout était maintenant que le président aille vers elles ou bien qu'elles aillent vers lui. Mais l'avaient-elles seulement remarqué ? La réponse se fit de suite pour Raven, lorsqu'il croisa le regard de Rose qui lui souriait avant d'acquiescer imperceptiblement.
         
         Elle se leva ensuite gracieusement et se dirigea vers le bar, aux côtés du président. Elle commanda un nouveau verre et laissa son regard vagabonder sur la célébrité avec un léger sourire. Alors que le barman préparait sa boisson, la jeune femme se tourna pour faire face au président et lui offrit un sourire charmeur.
         
          « Moi qui pensais que nous nous recroiserions au détour d'un ascenseur, monsieur le président, fit-elle d'une voix fluette.
-          Il faut croire que c'est au détour d'un verre que ça va se passer, répondit celui-ci en levant son scotch.
-          Oui, si vous voulez vous joindre à nous, moi et ma nouvelle amie là-bas, l'invita Rose en indiquant d'un mouvement élégant Fray qui leur sourit.
-          Avec plaisir ! »
          
         Prenant son verre dans les mains, elle se dirigea de nouveau vers le coin de la salle où elle partageait sa table avec Fray. Elles laissèrent le président s'installer entre elles deux et ils se mirent à discuter de tout et de rien en même temps. Les soldates laissèrent opérer leur charme, riant pour rien, souriant à tout va, frôlant par inadvertance le bras ou la jambe du président, se penchant outrageusement pour prendre leur verre sur la table, bombant la poitrine, croisant et décroisant leurs jambes sans cesse, faisant ainsi remonter leur robe sur les cuisses blanches.
         
         Et le président n'était pas en reste dans l'histoire non plus. Il vantait ses qualités et son statut. Il étalait sur la table ses richesses. Il se penchait vers l'une, puis vers l'autre pour chuchoter à leur oreille des soi-disant secrets. Il les frôlait aussi, sur les cuisses, sur les bras, sur cette peau mise à nue pour lui. Et il s'enivrait. Encore et encore. D'alcool et de désir. Jusqu'à ce qu'elles attendaient toutes les deux !
          
          « Ça vous direz de continuer à discuter dans ma suite, nous serons plus à l'aise, dit-il avec un sourire qui se voulait enjôleur.
-          Vous êtes sûre que nous pouvons, s'enquit Fray se pressant contre lui pour montrer son impatience.
-          C'est vrai après tout, vous êtes le président des Etats-Unis et nous, nous ne sommes que Jessica et Daphné, deux simples citoyennes de votre puissant pays, le vanta Rose avec un sourire éblouissant.
-          Bien sûr ! C'est moi qui commande après tout ! s'esclaffa le président. »
          
         Il se leva donc avant de présenter ses mains aux jeunes femmes pour qu'elles les saisissent. Avec une légère hésitation et un joli sourire, Rose plaça sa main délicatement dans celle robuste du président alors que Fray lui avait prise directement. Encerclé par les deux femmes, Trump se dirigea vers l'entrée de l'hôtel avant d'être interpellé par l'agent Seth.
          
          « Monsieur, je suis désolé mais vous ne pouvez pas les emmener dans votre chambre, s'excusa-t-il.
-          Et pourquoi donc ? demanda le politique avec un air réprobateur.
-          Pour votre sécurité monsieur, répondit Georges.
-          Mais... commença le président avant d'être interrompu par Raven.
-          Si nous les fouillons avant qu'elles n'entrent dans la chambre, il n'y a aucun souci, fit-il, si toutefois vous êtes d'accord mesdemoiselles.
-          Volontiers, sourit Fray.
-          Je ferais ce que vous voudrez, messieurs, répondit Rose avec un sourire timide.
-          Parfait ! s'exclama le président. »
         
         Ils se dirigèrent à cinq vers l'ascenseur qui les mena jusqu'au dernier étage du Mandarin Oriental. Raven prit les devants, ouvrant la porte pour le président avant de la refermer derrière lui. Le sergent Seth s'occupa de fouiller Fray alors que Raven commença à palper Rose du bout des doigts, sachant pertinemment qu'elle n'avait rien et ne voulant pas la gêner plus qu'autre chose. Après tout elle avait droit à son intimité. Lorsqu'il se pencha vers elle pour vérifier si aucun micro ni oreillette n'était cachée par ses cheveux, elle lui glissa une phrase : « Je vais gerber si ça continue ».
         
           « Tout est bon pour moi, mademoiselle, fit Raven en la regardant dans les yeux. »
          
         Il essaya de la rassurer par son regard mais elle leva les yeux au ciel, signe qu'elle n'y croyait pas du tout. Puis elle lui offrit un demi-sourire pour le rassurer aussi, avant d'entrer dans la suite royale en compagnie de Fray. Le président avait enlevé sa veste de costume et était en train de dénouer sa cravate.
          
          « Mesdemoiselles, par ici, dit-il en montrant la chambre qui se trouvait derrière lui, j'arrive dans quelques secondes.
-          Avez plaisir président, sourit Fray en entrainant Rose avec elle. »
          
         Le président leur sourit et dès qu'elles n'étaient plus dans son champ de vision, il fonça presque vers ses deux gardes du corps qui se trouvaient dans l'entrée de la suite. Il leur demanda de rester à l'écart, hors de la chambre, leur annonçant qu'il n'y avait rien à craindre et qu'ils resteraient dans la chambre sans en sortir.
         
           « Mais... commença le sergent Seth.
-          Bien monsieur, intervint Raven une nouvelle fois, voulez-vous autre chose ?
-          Du champagne et trois coupes ! »
         
         Il se retourna alors et rejoignit les filles dans la chambre alors que Raven obligea son collègue à aller jusqu'à la réception pour commander le champagne. Il avait besoin d'un léger lapse de temps seul à seul pour appeler Solitaire. Les choses n'avaient pas vraiment évolué dans le bon sens...
  
         Blast arriva avec un chariot rempli au bout de quelques minutes, accompagné de Seth. Raven le fouilla puis le laissa entrer dans la chambre sans pouvoir lui dire quoique ce soit. Il se faisait déjà tard, le président ne devait rester dans l'hôtel plus qu'une demi-heure. Le temps était compté, il devait faire vite. Et pour cela Raven devait se débarrasser de Seth et il savait déjà comment. 
  
A suivre...
             
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'Lut,
Enfin les choses sérieuses !
J'avoue je vous fait encore languir en ne vous révélant pas exactement le contenu du rendez-vous mais il faut bien entretenir le mystère. 
Pour ce qui est de Rose et Fray, avez-vous deviné à quoi elles servent véritablement ? 
Dites moi ce que vous en pensez jusque là et ce que vous prévoyez pour la suite ! 
Merci de continuer à me lire !
Z'houbix
Hina

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Chapitre 22 ~ A la poursuite d'Oza 05/03/2014


 
         On toqua à la porte et Fray s'empressa d'aller ouvrir alors que Rose essayait de ne pas déglutir trop ouvertement alors que le président lui caressait la cuisse, remontant à chaque fois un peu plus haut. Ce qui la dégouttait le plus s'était sans doute qu'elle devait faire semblant d'aimer ça et d'avoir un sourire toujours aussi éclatant.
         
          « C'est surement le champagne, je vais aller nous servir, déclara Fray en refermant la porte derrière elle. »
          
         Elle vit avec joie Blast devant elle qui lui souriait de toutes ses dents. Elle faillit lui sauter dans les bras, mais elle se retint. Ils avaient autre chose à faire et trop peu de temps. Alors ils se mirent à fouiller tout l'appartement. Ils firent les choses méthodiquement, chacun ayant une partie du salon à passer au crible. Ils mettaient du temps à enlever et replacer exactement à la même place les objets qu'ils déplaçaient. Mais il n'y avait rien de rien, aucune trace de Oza ou d'un semblant de Oza.
         
          « C'est pas possible... chuchota Fray. Il doit être ici ! Si seulement on savait à quoi il ressemble.
-          Chut ! fit Blast.
-          Ils en mettent du temps pour servir trois coupes de champagne ! fit la voix du président.
-          Ils ont sans doute eu un petit problème, le calma Rose. »
          
         Fray réagit au quart de tour, prit les trois coupes et les brisa au sol. Blast était complètement décontenancé par les agissements de sa partenaire. Mais celle-ci avait une idée en tête et continua son manège en renversant du champagne au sol.
         
          « Mais qu'est-ce que tu fous ? chuchota Blast paniqué.
-          Oh je suis vraiment désolée, j'ai fait tomber les coupes par mégarde ! s'exclama-t-elle d'une voix fluette pour que ceux de la pièce d'à côté les entendent.
-          Ce n'est rien mademoiselle, rentra dans le jeu Blast en un quart de tour une fois avoir compris où voulait en venir Fray, je vais ramasser et aller chercher de nouvelles coupes.
-          Laissez, je vais nettoyer pour vous, allez simplement chercher les nouvelles coupes, continua-t-elle en faisant des gestes vers la porte. »
          
         Elle essayait de dire à Blast de sortir véritablement pour chercher les verres, mais celui-ci mit quelques instants à comprendre jusqu'à ce qu'elle ne le pousse directement vers la porte. Le blond sortit donc, expliqua en quelques mots la situation aux deux gardes du corps et alla rapidement chercher les nouvelles coupes laissant Fray seule dans la suite. Elle profita de ce temps libre pour aller à la salle de bain, prendre des serviettes et les poser sur les bouts de verre négligemment.
         
         Elle s'attaqua alors à la bibliothèque de fond en comble et le plus rapidement possible. Elle décala les livres et les bibelots, elle en enleva quelques-uns pour voir si rien n'était caché derrière ou même dedans. Mais elle ne trouva rien. Elle regarda ensuite à des endroits improbables : entre la rainure du canapé et des fauteuils, sous la table base, derrière les rideaux et les tableaux, jusqu'à la salle de bain elle-même.
         
         Lorsque Blast revint avec les fameuses coupes, Fray avait tout regardé sans rien voir. Vingt minutes s'étaient déjà passées et dans une quinzaine de minutes le président devait partir. Blast servit les coupes et Fray retourna dans la chambre.
         
           « Voilà, désolée d'avoir mis autant de temps, sourit Fray, j'ai malencontreusement fait tomber les précédentes coupes, j'espère que vous ne m'en voulait pas trop, sourit-elle encore plus pour plaider son innocence et pour s'excuser.  
-          Ce n'est pas un souci, haha, fit le président.
-          Nous nous occupions pendant ce temps-là, sourit Rose en s'asseyant presque sur les genoux de l'homme politique.
-          Oh je vois, déclara Fray avec un regard entendu avec Rose. »
          
         La jeune femme à la chevelure criarde était fébrile. Elle se dégouttait elle-même d'avoir osé poser ses mains sur cet homme, de l'avoir massé tranquillement, de lui avoir susurré des mots doux, d'avoir attiré son attention sur ses principales atouts. Et elle devait continuer ainsi encore un peu, encore une petite quinzaine de minutes...
         
         Elle s'était allongée sans pudeur sur ce lit, elle l'avait aguichée comme elle ne l'avait jamais fait à personne. A vrai dire, elle n'avait jamais eu de petit ami, jamais eu de rencart, jamais eu de rapport sexuel. Elle était morte trop jeune, à seulement quatorze ans. Elle avait eu ce stupide accident de voiture à la sortie de ce stupide concert auquel elle était allée avec sa meilleure amie.
         
         Mais elle avait vu tellement de fois Princesse en action, qu'elle n'avait fait que reproduire ses gestes. Et ça avait marché. Il était tombé sous le charme en deux temps trois mouvements et lui avait presque révélé son rendez-vous  avec Lord. Mais mieux que tout, elle avait sa veste sur le dos. Elle avait fait semblant d'avoir froid, elle s'était rapprochée de lui comme si elle voulait emmagasiner de la chaleur et il lui avait offert très gentiment sa veste de costard qu'il avait posé sur le lit un peu plus tôt. A vrai dire, elle était presque certaine qu'il lui passerait tous ses caprices si elle le voulait.
         
         Alors, elle avait fouillé les poches de la veste et en avait sorti son portable. Elle ne savait pas quoi en faire mais elle s'était dit que si Solitaire était vraiment le génie qu'il prétendait être, il pourrait peut-être trouver des choses importantes à l'intérieur. Elle l'avait fait glisser dans son décolleté sans qu'il n'y prête attention et elle avait fait les autres poches sans rien trouver malheureusement.
         
         Quand Fray était revenue, elles s'étaient échangées un long silence qui voulait tout dire : pas de Oza en vue. Et il ne restait quasiment plus de temps pour le trouver... Ah moins qu'il ne soit pas là, que le président ne l'ait jamais eu dans les mains, qu'il n'y ait même pas eu d'échange... Non c'était impossible ! Du moins elle l'espérait, elle n'oserait pas penser avoir fait tout ça pour strictement rien.
         
         Alors que Fray et Rose captaient encore l'attention de Trump, Blast faisait semblant de ramasser le verre qui trainait sur le sol. Il avait déjà fini depuis longtemps cette tâche, laissant seulement deux trois morceaux au cas où les gardes du corps rentreraient à l'improviste ou bien le président sortirait de la chambre. Il avait ensuite fouiller encore une fois tous les recoins sans aucune piste.
         
         Oza n'était pas là. Le plan tombait à l'eau. Solitaire allait les tuer. Et Raven ne pouvait même pas l'aider parce qu'il s'occupait de l'autre militaire. Il envoya alors un message à Solitaire simple et bref pour lui dire ce qu'il en était. Il ramassa les derniers bouts de coupes, et ramena le chariot le plus silencieusement possible jusqu'à la porte qui s'ouvrit à l'instant même sur Raven. Blast jeta un rapide coup d'½il sur le reste du couloir mais aucune trace du coéquipier de son meilleur ami.
          
           « Oza n'est pas là, souffla Raven, et il faut partir. »
          
         Le blond ne répondit rien, se contentant d'acquiescer de la tête et  sortir de la suite et de se diriger rapidement vers l'ascenseur. Il ne fallait pas que le président le croise dans les couloirs, il devait sans doute croire qu'il était parti depuis longtemps. Il prit l'ascenseur directement, abandonna son chariot dans  les cuisines et sortit par l'une des portes arrières de l'hôtel. Il devait connaître la suite des opérations, le changement de plan et pour cela il devait laisser tomber son rôle de major d'homme.
         
         Raven, quant à lui, se dirigea vers la chambre, remarquant sur le parquet une tâche plus foncée qui n'était pas là auparavant : surement le champagne. Il toqua à la porte et attendit qu'on lui réponde. Ce fut Fray qui lui ouvrit la porte alors que Rose était pratiquement dans les bras du politicien.
         
          « Que puis-je faire pour vous, monsieur ? demanda la brune.
-          Il est temps de partir, monsieur le président, déclara Raven sans ton ni émotion.
-          Oh déjà, s'indigna Fray avec une voix de midinette, nous ne pouvons pas rester encore quelques minutes...
-          Non, le temps nous est compté, répliqua simplement le Renaissant.
-          Bien ! déclara le président. Mesdemoiselles, ce fut un véritable honneur d'être en votre compagnie. »
          
         Les deux femmes lui offrirent un sourire et mille mots de remerciements. Elles sortirent en même temps qu'eux de la suite royale mais Raven les obligea à prendre un second ascenseur. Intérieurement Rose le remercia mille fois et plus encore de ne plus devoir supporter les regards lubriques de leur interlocuteur. Mais elle savait aussi que c'était pour leur laisser le temps de prévenir Solitaire de l'évolution de la mission. Alors elle ne perdit pas une seconde pour l'appeler, mais il ne répondit pas.
         
« Solitaire, la mission a échoué. On a pas récupéré Oza et le président vient de partir. Que fait-on ? PS : J'ai un cadeau pour toi, le portable du président. »
         
         Alors qu'elles montèrent dans le nouvel ascenseur, Raven et le président sortirent du leur. Le brun l'accompagna jusqu'à la sortie de derrière qu'ils avaient utilisé pour arriver le matin même. Il ouvrit la porte et remarqua la limousine qui les attendait aux côtés de laquelle se trouvait Georges Seth qu'il avait envoyé quelques minutes plus tôt chercher la limousine et vérifier l'itinéraire qu'ils allaient emprunter.
         
         Ils montèrent ensemble dans le véhicule et se dirigèrent sans détour vers l'aéroport de Miami. Cette fois-ci plus question de passer à l'intérieur du bâtiment, la voiture s'arrêta sur la piste d'atterrissage de l'avion. Raven fit sortir le président et l'amena jusqu'à l'escalier de l'avion. Il attendit jusqu'à ce que l'homme politique ne disparaisse dans son jet privé.
         
         Puis la course contre la montre fut en marche. Il se dirigea rapidement vers sa voiture de location qu'il avait garé le matin même avant de se rendre sur la base militaire la plus proche. Il devait faire son rapport à ses supérieurs avant de se diriger dans les rues de Miami pour récupérer Oza.
         
         Il se ficha pas mal de raconter la vérité ou non dans son rapport puisqu'il savait que son collègue de la journée en ferait un aussi, le plus détaillé possible. Mais il n'aurait aucun compte à rendre  à ses gens après tout il était mort. Littéralement mort.
         
         Il déposa son rapport fait à la va vite et se dirigea vers son hôtel le plus rapidement possible. Il se changea, récupéra toutes ses affaires et les entreposa dans la chambre de Sand. Puis, il rendit la voiture de location à l'agence. Il avança dans les rues de Miami jusqu'à une autre agence de location. Sous une nouvelle identité que Solitaire lui avait préparée, il prit une voiture sans faire attention au modèle, au kilomètre, au prix... Il fallait qu'il l'intercepte. Le plan B était en marche.
         
~.~.~
         
         Quelques heures plus tôt, juste après le rendez-vous avec Lord, Raven avait réussi à envoyer un message à Solitaire. La transaction de Oza se faisait ailleurs, sur un parking d'une grande surface entre deux camions blindés déguisés. Il n'avait pas pu réussir à trouver de quel parking parlaient les deux représentants lors de leur entretient mais il savait que Solitaire pouvait le trouver.
         
         Et c'est ce qu'il fit. Du haut de sa chambre d'hôtel, Solitaire avait les nerfs. Il n'avait pas pensé à cette option, il n'avait pas prévu de plan de ce côté-là, il ne s'imaginait pas que Lord ne conserve pas son poison sur lui et ne le donne pas main dans la main à son nouveau meilleur ami... Et il s'en mordait les doigts encore et encore.
         
         Il fit une recherche sur tous les parkings de Miami dont les zones commerciales étaient fermées. Une fois trouvé, il les éradiqua de sa liste et se concentra sur les autres. En parallèle, il rechercha tous ceux pourvu de caméra de surveillance. Il les enleva eux aussi de la liste. Après tout, Lord avait surement fait les choses correctement et avait donc évité toutes les embuches possibles dont les caméras.
         
         Il ne restait plus qu'alors une dizaine de possibilités pour l'échange du virus Oza. Et c'était beaucoup trop... Il ne connaissait ni l'heure, ni le lieu et il n'avait que trois membres valides sous les bras. Il envoya alors Ice, Storm et Sand sur les différents lieux alors qu'il savait que ça prendrait beaucoup trop de temps.
         
         Alors il pirata le réseau de surveillance de Miami, ayant accès aux millions de vidéos qui relataient les moindres faits et gestes des citoyens. Il ne savait pas vraiment quoi en faire, il cherchait une aiguille dans une botte de foin. Toujours en contact avec ses trois Renaissants, il épluchait les quartiers de Miami au peigne fin.
         
          « C'est pas vrai ! Bordel de Zeus ! s'exclama-t-il alors qu'il ne trouvait rien. Ils sont bien quelque part ces fichus camions de merde ! Déjà j'ai galéré avec les caméras de ce fichu hôtel pour les faire fonctionner, ensuite ce Smart de mes deux a voulu pirater mon serveur et ensuite cette dégringolade de plan ! Les plans sont faits pour qu'on les suive tous à la lettre bordel de Zeus ! Je déteste les imprévus ! »
          
         Alors qu'il s'escrimait à hurler tout seul dans sa chambre pour se défouler, les choses n'avançaient quasiment pas. A cette allure-là, il savait que les camions seraient loin de la ville lorsqu'ils auraient enfin trouvé le bon endroit. Alors un éclair de génie lui traversa l'esprit.
         
         Il déclara une alerte terrorisme dans la ville. Il hacka le système de défense, envoya des messages à droites et à gauches pour faire bouger les choses. Et en une demi-heure la ville complète était bloquée. Personne ne pouvait plus ni entrer, ni sortir. Sauf le président des Etats Unis évidemment qui était normalement au courant de l'attaque dans l'esprit des militaires puisqu'ils recevaient leur ordre de lui. Or, c'était Solitaire qui était à l'origine de tout ce cirque.
         
         Le seul problème qu'il avait fut que Lord aussi était prisonnier de cette ville et qu'il chercherait à en sortir d'une manière ou d'une autre. Smart ferait alors une nouvelle fois son apparition et les ordres qu'il avait donné serait peut-être contré. De plus, laisser le chef des Reboots dans une ville où trois de ses anciens soldats se trouvaient sans être eux non plus au courant du stratagème mis en place pouvait se révéler une fatale erreur. Mais le plus important était Oza. Alors au diable tous les paramètres incertains que ce plan bancale laissaient apparents.
         
           « Il faut que ça marche ! pria Solitaire en fixant encore et toujours les séquences des caméras de surveillance. »
         
         La vibration de son portable le fit sursauter. Il se jeta presque dessus, ne regarda pas son interlocuteur et lança aussitôt :
    
          « Dis moi que tu l'as ! » 
    
A suivre...
             
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'Lut,
Tan Tan Taaaan ! 
Que d'émotions, de suspens et de retentissement.
Croyez-vous que Raven possède Oza ?
Vous attendiez-vous à ça ?
Pourquoi Solitaire n'y a-t-il pas pensé plus tôt ?
Et que pensez vous de cette action ? 
Je veux tout savoir, absolument tout !
Z'houbix
Hina

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Chapitre 23 ~ Oza 11/10/2013


  
         Ils devaient trouver deux camions. Deux camions dont ils ne savaient strictement rien du tout. Deux camions perdus dans la foule de Miami. Deux camions susceptibles de contenir l'arme de destruction massive la plus puissante. Un vrai jeu d'enfant, n'est-ce pas ?
         
         Sand avait été appelé en urgence par Solitaire quelques heures plus tôt. Il se trouvait à son poste, dans l'une des chambres du seizième étages de l'hôtel où il était censé travailler. Il avait les yeux rivés sur l'établissement d'en face et vérifiait ainsi de temps en temps les caméras qu'il avait installé la veille.
         
         A vrai dire, il n'avait pas grand-chose à voir, ni même à surveiller. Il savait que le président passerait par une autre porte et il devait en être de même pour Lord. Mais Solitaire voulait qu'il soit ici, alors il y restait non sans s'ennuyer. Il n'arrêtait pas de se demander ce que les autres pouvaient bien faire. Surement des choses plus sympathiques que d'être simplement assis sur ce fauteuil bleu ciel qui avait mal vieilli à attendre que quelque chose se passe. 
         
         Il savait que Raven était au première loge et il comprenait en sens pourquoi. Il était le subalterne de Solitaire, il avait toute confiance en lui. Et puis Rose et Fray avaient aussi droit à leur part de la mission, mais pour rien au monde il ne prendrait leur place. La place de Blast était plutôt sympathique dans cette histoire. Il n'était qu'un maître d'hôtel, son but était d'être poli et courtois, tout en étant à l'affut et prêt à intervenir n'importe quand.
         
         Mais son physique lui aurait porté préjudice. Des cheveux rouges sur une peau pâle comme un mort et des cernes immenses que ses insomnies alimentaient sans discontinuer n'étaient pas les meilleurs atouts pour se présenter au public d'un hôtel de luxe. Il avait déjà eu de la chance avec celui-ci, après-tout il n'était qu'homme de chambre, il ne devait pas croiser de client.
         
         Quand il y pensait, ils avaient tous un look peu commun... Blast est sa chevelure blonde digne d'une princesse Disney, Raven est son air sombre, ses cernes profondes et son air toujours impassible, Sand avec sa peau basanée et ses cheveux gris, Ice qui ressemblait tant à une fille et les Reboots n'étaient pas en reste, surtout Rose. Est-ce parce que plus aucun humain ne les voyait qu'ils se laissaient aller comme ça ? Ou bien c'était à cause de cette société plus libérée ? S'ils n'avaient pas été morts, cela aurait-il été différent ?
         
         Sand se posait toujours énormément de questions sur ce qu'il se serait passé s'il n'était pas mort et sur ce qu'il se passait dans sa famille maintenant qu'il n'était plus. Il y a quelques mois, lorsqu'il était en mission avec Ice, ils s'étaient retrouvés dans sa ville natale. Il avait croisé alors de très loin une jeune femme aux cheveux blonds cendrés. Il n'avait pas réfléchi plus avant pour courir derrière elle, en criant le nom de sa grande s½ur Temari. Mais Ice l'avait retenu et ils s'étaient enfoncés dans une ruelle sombre pour ne pas être vue.
         
         Sand n'avait jamais su si c'était véritablement sa s½ur, ni même si elle l'avait entendu. Il se demandait alors comment elle allait, et comment se porter Kankuro son frère. Et puis ses parents avaient-ils su faire le deuil... Il était mort bêtement à cause du diabète qu'il avait depuis qu'il était enfant. Il avait différé d'une heure ou deux sa prise d'insuline et ça l'avait tué. Il avait toujours eu une santé fragile mais il ne s'attendait pas à ça. Et quel a été sa surprise en voyant Blast et Raven le sortir de la morgue... Mais tout ça était bien loin maintenant.
         
         C'était une nouvelle vie qu'il avait, une seconde chance de pas faire de connerie stupide. Alors il regardait sans but le va et vient du Mandarin Oriental dans le seul but d'aider Solitaire. Et alors qu'il s'étendait sur le fauteuil bleu dans lequel il se trouvait, son portable sonna affichant, en grand, le nom de Solitaire.
         
           « Oui ? demanda-t-il très vite.
-          Tu sors de là sans te faire repérer et tu empêches quiconque de rentrer dans cette satané chambre, je veux que les caméras continuent de tourner sans discontinuer, déclara rapidement Solitaire.
-          Ok mais pourquoi ?
-          A trois rues de l'hôtel se trouve une agence de location, prend la première voiture que tu pourras et va aux adresses que je t'enverrais par messages. Ne perd pas une minute.
-          Bien, je suis en train de sortir. Qu'est-ce que je dois faire aux adresses ? demanda-t-il alors qu'il était en train de coincer la porte de la chambre avant de mettre dessus l'indicateur de nettoyage en cours.
-          Tu recherches un camion de livraison suspect. Si tu en trouves deux qui s'échangent quelques choses c'est surement Oza, répondit Solitaire.
-          Oza ? Tu veux dire le virus Oza ? s'étonna Sand.
-          Oui. Ne perds pas de temps. »
          
         Solitaire ne lui laissa pas plus de temps pour analyser ce qu'il venait de dire, ni même pour assimiler le fait que le plan partait en cacahuète qu'il avait raccroché surement pour appeler les autres Renaissants qui n'avaient rien à faire. A moins qu'il était le dernier au courant puisqu'il avait un véritable poste dans la mission actuelle, si tant est qu'elle était encore d'actualité.
         
         Mais il n'était plus tant de tergiverser à vrai dire, il devait se procurer au plus vite une voiture pour se rendre aux lieux que lui avait déjà envoyé Solitaire par message. Il avait une liste de quatre endroits qui semblaient être des supermarchés d'après ce qu'il avait pu lire. Mais la première étape était de trouver une voiture avec un GPS intégré.
         
         Solitaire lui avait fourni les bonnes informations pour trouver sans problème l'agence. Il fournit une fausse identité que son chef lui avait donnée à son arrivée au manoir. Sur le coup, il avait trouvé cette prévention un peu too much. Il pensait vraiment que celui qui se cachait sous ce nom était paranoïaque mais finalement c'était au moins la troisième fois qu'il utilisait cette identité. Et heureusement qu'il l'avait toujours sur lui pour ce genre d'aventure express.
         
         Une fois la voiture en main, il introduisit la première adresse que lui avait communiquée son supérieur dans le GPS et démarra. Il envoya un message à celui-ci pour le tenir au courant de son avancé. Il mit une quinzaine de minutes pour se rendre au premier supermarché. Malheureusement, il n'y avait aucun camion. Il fit tout le tour du bâtiment sans rien trouver. Il observa les routes au cas où les camions viendraient juste de partir, mais rien en vue.
         
         Il ne prit pas plus de temps pour monter dans sa voiture et pour prendre la route vers sa deuxième adresse. Ce fut la même chose qu'au premier lieu. Aucun camion en vue. Alors il reprit la route et se fut un nouvel échec.
         
         Il devait être environ quinze heures lorsque Solitaire lui envoya la dernière adresse qu'il lui avait déjà envoyée en disant que les camions venaient d'en sortir. Sand s'attela à rejoindre l'endroit avant que son portable ne sonne.
         
          « Oui ? fit-il en décrochant au volant, enfreignant la loi.
-          Passe par la National Miami Avenue sur cinq kilomètres et bifurque sur la North West Fourteenth Saint. Il faut que tu arrives au niveau du Miami Performing Arts Center Box et que tu rejoignes la National Bayshore Dr. Tu devrais couper la route de l'un des camions. Je ne sais pas si c'est le camion qui contient ou non Oza. Tu ne dois pas le laisser filer sous aucun prétexte. Tu peux faire un accident, te faire emprisonner ou quoi je m'en fiche, je veux ce camion. Raven te rejoindra dans peu de temps.
-          Bien. »
          
         Sand ne prit pas la peine de raccrocher sachant que Solitaire devait surement appeler les autres pour leur donner leurs propres ordres. Il tourna alors dans la Miami Avenue grâce à la carte de son GPS et la suivit sur les cinq kilomètres que lui avaient indiqué Solitaire. Il espérait grandement arriver à temps pour intercepter le camion sinon tout ce qu'ils avaient fait depuis ces derniers jours. A vrai dire, sinon la fin du monde arriverait et il mourrait une seconde fois.
         
         De leur côté, Ice et Storm  avaient eux aussi été dépêchés par Solitaire afin de retrouver ces fameux camions. Ils avaient eux aussi eu une liste de quatre lieux mais sur qu'aucun d'eux il n'avait trouvé ce qu'ils cherchaient. Puis Solitaire les avait appelés pour qu'ils suivent l'itinéraire du deuxième camion.
         
         Tous les deux à bord d'une voiture de location, ils se rejoignirent au centre d'une rue passante sur Miami Beach bloquant ainsi le camion au milieu de la voie. Ils n'avaient aucun motif pour le faire, mais ce n'était clairement pas le plus important. Il fallait qu'ils arrêtent ce camion et pour cela tous les moyens étaient bons.
         
         Storm sortit de sa voiture rapidement et d'un pas franc. Il se souvenait encore de son ancien patron qu'il lui disait « le tout c'est d'y croire ». Alors il y croyait, il se ferait passer pour n'importe qui et il y croirait. Il s'avança vers le conducteur du camion, se fichant pas mal de la circulation arrêtée de sa faute. Il fit un signe de tête à Ice qui sortait lui aussi de sa location.
         
          « Qu'est-ce que vous faites là ? s'exclama le conducteur.
-          FBI, nous devons voir votre cargaison ! répliqua Storm.
-          Ma cargaison, n'importe quoi ! Et montrez-moi votre badge déjà ! s'irrita celui au volant.
-          Sortez du véhicule s'il vous plait, continua le blanc, sinon mon collègue se chargera de vous. »
         
         Le conducteur toujours aussi énervé sortit dans l'idée de leur faire voir de quel bois il se chauffait. Mais dès qu'il posa pied à terre, Storm lui asséna un coup de poing dans la figure, s'excusant platement pour son geste. Ice ne perdit pas une minute pour aller jusqu'à l'arrière du camion et l'ouvrir.
         
         Il y trouva une porte blindé qui ne s'ouvrait qu'avec un code à quatre chiffres ou lettres. Le téléphone à l'oreille en communication directe avec Solitaire, il essaya une bonne dizaine de combinaison avant que son chef ne trouve la solution : LORD. Un nom simple qui faisait sens simplement pour les Reboots ou le président des Etats Unis : personne d'autre n'aurait pu connaitre ce code digital. C'était le camion des Reboots, un stupide camion vide qui leur avait fait perdre du temps inutilement. Solitaire ne les remercia même pas et raccrocha.
         
         Dans sa chambre d'hôtel, faisant les cent pas, Solitaire composait en vitesse le numéro de Raven, espérant que son frère serait déjà sur place et qu'il aurait entre les mains le véritable camion qui contenait le poison Oza. Il était fébrile et sans cesse en mouvement, luttant contre l'envie de crier sur son frère alors qu'il entendait les nombreuses tonalités qui le rendaient fous. Raven ne répondit pas. Il essaya une nouvelle fois. Avec succès. 
          
           « Dis-moi que tu as réussi à arrêter le camion ! s'exclama-t-il sans préambule.
-          Oui mais on est face à une porte blindé avec un code à quatre caractères, dit-il sans plus faire attention au trait autoritaire de son petit frère.
-          Lord !
-          Pardon ?
-          Lord, c'est le code. L. O. R. D. ! Normalement Oza se trouve à l'intérieur du camion, continua-t-il. Mais n'ouvrez pas le coffre tout de suite. Tu vas prendre le camion avec toi et l'emmener dans une zone désaffectée aux abords de la ville. Je vais t'envoyer une adresse juste après. Je t'y rejoindrais et... Et je réfléchirais à un nouveau plan d'action, à ce qu'on doit faire par la suite avec Oza et aux implications que ça va avoir, énuméra-t-il.
-          Retrouve ton sang-froid So', nous avons Oza maintenant ! On se rejoint dès que possible. Des ordres pour les autres ?
-          Je veux qu'ils attendent aux hôtels.
-          Bien. »
          
         Solitaire raccrocha son téléphone et ne perdit pas une minute de plus pour trouver un lieu sûr et isolé où entreposer le camion jusqu'à ce qu'il trouve une solution de rechange. Il avait été stupide et impulsif. Il n'avait même pas pensé comment transporter cette arme meurtrière une fois qu'ils l'auraient entre les mains. Indépendamment de ce qu'il voudrait croire, il pensait ne jamais y arriver. Cette histoire était tellement... Monstrueuse à mesure qu'elle avançait.
         
         Il s'était toujours vanter d'avoir une longueur d'avance sur tout le monde, de savoir gérer ses émotions, de toujours tout contrôler. Mais cette mission lui avait montré qu'il n'était qu'une jeune adulte intrépide et absolument pas prêt à une si grande tâche. La fin de la journée avait été un véritable fiasco. Cette course poursuite avait laissé des traces de leur passage, de leur existence que les Reboots, mais aussi le gouvernement, retraceraient. Ce n'était plus qu'une question de temps. Et lui, il était tout simplement paumé.
         
         Il avançait sur des ½ufs, une case à la fois sans savoir si le prochain pas le fera sauter dans le vide. Il essayait de se raisonner en se disant qu'il fallait faire une chose à la fois, que tout s'éclaircirait mais ce n'était pas le cas. Alors qu'il montait dans une voiture de location pour rejoindre son frère, tout se bousculait dans sa tête. Il n'y avait ni plan, ni schéma, c'était simplement le chaos. Il en venait à se demander si ce n'était pas qu'un rêve, un rêve loufoque et totalement timbré mais un vrai rêve. Il espérait presque se réveiller lors de ce fameux week-end de camping avec son frère toujours vivant à côté de lui... Mais c'était impossible.
         
         Il arriva au bout d'une quinzaine de minutes à destination et trouva devant lui un camion des succursales Kellogs qui ne laissait rien transparaitre de son véritable but. Lorsqu'il se gara, il vit son frère adossé à l'arrière du véhicule. Il le rejoint en deux trois enjambés et resta planté devant lui sans trop savoir quoi faire ni quoi dire. Il avait l'impression de redevenir le petit garçon qui avait besoin qu'on lui tienne la main pour traverser la route.
   
          « On ouvre la boite de Pandore alors ? demanda Raven face à l'inertie de son frère.
-          Tu crois que c'est une bonne idée ? demanda celui-ci.
-          Eh ben, il faudra bien qu'on extrait Oza de là pour le ramener à la maison, non ? tenta l'aîné.
-          Non je veux dire tout ça, déclara Solitaire, cette mission débile, cette grande guerre, cette machination sordide ! Est-ce qu'on a vraiment notre mot à dire là-dedans ? Imagine un instant que je ne sois pas allé à la morgue ce jour-là, que je ne t'ai pas sauvé des Reboots, je n'aurais jamais rien su de tout ça. J'aurais continué à vivre avec un vide en moi, mais cette guerre n'aurait pas eu lieu...
-          Elle aurait eu lieu Sasuke, répondit d'une voix calme et rassurante Raven, simplement tu ne l'aurais pas vu venir. J'aurais été du côté de l'ennemi, j'aurais participé à ce projet d'une manière ou d'une autre. J'aurais connu Rose, Bird et Fray, peut être les aurais-je suivi dans leur fuite ou j'aurais été sur leur trace. Toujours est-il que je serais mort et revenu à la vie et que le monde aurait fini entre les mains de Lord sans aucune résistance. Mais nous sommes là, maintenant, dans cette ville avec ce camion qui continent l'arme de notre ennemi ou du moins une partie. Alors on ne peut plus reculer.
-          Et si tous ses efforts ne servaient à rien ? Et si ce n'était qu'une utopie ? Et si tout le monde mourrait ?
-          On meurt tous un jour Sasuke, répliqua Raven. Et je ne pense pas que nos efforts ne serviront à rien. Regarde ce qu'on a accompli rien qu'aujourd'hui ! Ok, c'était assez chaotique sur la fin mais on a réussi à avoir Oza, à avoir des informations sur la suite du plan de Lord. On a fait avancer la résistance. Et si au final, Lord gagne. Tant pis, on aura essayé et on pourra se dire en mourant qu'on aura sauvé trois vies et qu'on aura essayé de sauver le monde.
-          Mais essayer ce n'est pas suffisant ! rétorqua Sasuke.
-          C'est pour ça que j'ai besoin que tu reprennes pied, petit frère et que tu nous dises quoi faire maintenant. Je sais que la responsabilité est énorme et je suis là pour la partager avec toi. On doit empêcher Lord d'arriver à ses fins. J'ai pu avoir quelques brides de leur rendez-vous, on a Oza, et il nous reste encore un peu de temps. On peut y arriver, ça ne fait que commencer et Lord n'a encore aucune idée de qui nous sommes. Il ne pense pas avoir des opposants.
-          Tu as raison ! déclara Solitaire après un long silence. Il ne sait pas qui nous sommes et ce que nous sommes capables de faire. On va endiguer la machine, le prendre à revers et il regrettera de ne pas nous avoir calculé. » 
  
A suivre...
             
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'Lut,
Ils ont enfin Oza ! N'est-ce pas magnifique ?
Que pensez -vous de ce chapitre ? 
Et surtout de Solitaire, de sa réaction et de ses directives ?
Pourquoi l'ai-je fait ainsi ?
On en apprend aussi beaucoup plus sur Sand : qu'en pensez-vous ?
J'ai hâte d'avoir vos réactions !
Z'houbix
Hina

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